Le cinéma ougandais

  • Mis à jour : 31 janvier

Le cinéma ougandais en est à ses balbutiements, pourtant les nouvelles techniques de prise de vue numérique pourraient lancer un cinéma de qualité et original. Le manque de structures institutionnelles, le manque de salles et les problèmes de financements n’empêchent pas moins une petite production de films (documentaires , Courts-métrages et fictions). Les réalisateurs ayant conservé leur nationalité ougandaise sont peu nombreux. La plupart comme les acteurs ont émigré. Néanmoins, l’Ouganda est le théâtre d’une expérience de cinéma artisanal tout à fait passionnante : le Wakaliwood

LE CINEMA OUGANDAIS

FILMS SE DEROULANT EN OUGANDA ET PRENANT POUR SUJET L’OUGANDA

De nombreux films ont été tournés par des réalisateurs étrangers sur le territoire ougandais, pour profiter notamment de son site exceptionnel. Mais la plupart ont eu pour sujet les problèmes du pays : maladie(ebola et sida), dictature (Idi Amin Dada), prise d’otage (Entebbé), guerre civile et comme souvent la disparition des us et coutumes de certaines ethnies.

- « TO LIVE WITH HERDS »
Un film américain de David MacDougall et Judith MacDougall, réalisé en 1972
Groupe pastoral semi-nomade du Nord-Est de l’Ouganda, les Jie luttent pour conserver leur mode de vie traditionnel en dépit d’une politique gouvernementale adverse. Après une période d’isolement relatif au temps du protectorat britannique, les Jie subissent actuellement des pressions croissantes pour substituer à leur culture traditionnelle et à leur économie de subsistance, une économie de marché, et participer à l’Etat-Nation moderne.
Le film examine ce grave problème à la lumière des valeurs du peuple Jie. La question posée n’est pas de savoir si le changement peut être évité, mais s’il est possible de mettre en œuvre un mode de développement en utilisant les fondements de la vie des Jie, plutôt qu’en les détruisant.
Le film a été tourné pendant la saison sèche, au cours d’une année de famine, et il montre des Jie qui ont été séparés de leur troupeau.
La nécessité vitale pour les Jie de maintenir un équilibre entre troupeaux et population implique des migrations saisonnières entre des campements nomades et leur résidence de base. Ce mode de vie est en opposition avec la volonté du gouvernement de sédentariser les Jie pour des raisons administratives et fiscales.
Désormais obligés de vendre une partie de leur bétail pour s’acquitter de l’impôt, les Jie sont impliqués dans des transactions marchandes qui les mettent en position de faiblesse.
David et Judith MacDougall ont vécu avec eux pendant la réalisation de ce film, mettant en pratique la technique de la caméra participante qui exige que les cinéastes soient connus et assurés de la confiance des personnes filmées.

TO LIVE WITH HERDS from Ronin Films on Vimeo.

- « GENERAL IDI AMIN DADA : AUTOPORTRAIT »
Film documentaire franco-suisse réalisé par Barbet Schroeder, sur le président ougandais Idi Amin Dada, sorti en 1974.
Le film semble mélanger réalité et fiction, tant le dictateur ougandais a « joué » son propre personnage. À aucun moment, le réalisateur ne juge ou ne prend parti, pour mieux capturer l’exubérance du personnage, connu par ailleurs pour sa brutalité dans l’exercice du pouvoir. À la sortie du film en salle, Idi Amin Dada a exigé deux minutes de coupures, allant, d’après Barbet Schroeder, jusqu’à tenir en otage des ressortissants français dans un hôtel pour obtenir satisfaction.

- « OPERATION THUNDERBOLT »
Opération Thunderbolt (Mivtsa Yonathan) est un film israélien réalisé par Menahem Golan, sorti en 1977. C’est le récit de la prise d’otages à Entebbe par des terroristes et de leur libération par l’armée israélienne - Suite au détournement d’un avion d’Air France vers l’Ouganda par des terroristes palestiniens, l’armée Israélienne met au point une opération commando afin de libérer les otages. Les forces Israéliennes atterriront en pleine nuit sur l’aéroport d’Entebbe et libéreront les otages en éliminant les terroristes soutenus par l’armée ougandaise. Le chef de l’opération (Yonathan Nethanyaou, frère de l’actuel Premier Ministre israélien) sera tué lors de l’opération. Ce film lui est dédié.

- « GENS DE LA LUNE, RUWENZORI 1995 »
Un documentaire français de Laurent Chevallier réalisé en 1996
Après une nuit d’avion, puis une journée de bus collectif à travers l’Ouganda, je suis arrivé à Ibanda, petit village au pied du Ruwenzori, "les montagnes de la lune" ! Dès mon réveil, un porteur arrive en courant avec un message de détresse qui vient du haut de la montagne, là où se trouvent mes amis Didier et Léon. Victime d’un œdème cérébral, Didier vient de tomber dans le coma à 4 600 mètres d’altitude, après plusieurs jours de marche. Sa descente vers Ibanda a duré 4 jours et 4 nuits. Les 40 montagnards d’Ibanda ont enduré le pire pour l’arracher à cette montagne où il allait s’endormir à jamais. J’étais venu en repérage pour faire un film sur les montagnes du Ruwenzori et rencontrer les gens qui la peuplent. Je me suis retrouvé à partager avec eux une aventure extraordinaire.

- « OUGANDA, L’ENFANCE KIDNAPEE »
Un film français de Emilio Pacull, réalisé en 1998
Le nord de l’Ouganda est, depuis une dizaine d’années, le théâtre d’affrontements impitoyables entre les troupes régulières du gouvernement et les 400 rebelles de "L’Armée de résistance du Seigneur" qui prétendent instaurer dans le pays un régime "catholique intégriste". En sus des violences et des pillages auxquels ils se livrent, les rebelles ont, en l’espace de 2 ans, kidnappé près de 3 000 enfants entre 10 et 17 ans, qu’ils échangent ensuite contre des armes auprès de marchands dans le sud du Soudan, ou bien ils les réduisent en esclavage à leur profit.

- « ABC AFRICA »
Film documentaire iranien sorti en 2001, écrit et réalisé par Abbas Kiarostami.
En avril 2000, en Ouganda, Abbas Kiarostami et son assistant, Seifollah Samadian, sollicités par une association humanitaire, le Fida, débarquent à Kampala. Pendant une dizaine de jours, ils découvrent de nombreux enfants ayant perdu leurs parents à cause du Sida. Leur caméra témoigne d’une Afrique joyeuse malgré la souffrance et la maladie.

- « LE DERNIER ROI D’ECOSSE »
Film britannique de Kevin Macdonald, sorti en 2006. Le film est tiré du roman éponyme de Giles Foden et s’inspire de faits réels : il traite du règne du dictateur ougandais Idi Amin Dada. Plusieurs prix prestigieux sont décernés au film à sa sortie, et surtout à son acteur principal, Forest Whitaker.

- « CAHIERS DE SOUVENIRS »
Un film allemand de Christa Graf réalisé en 2007
En Ouganda, des parents atteints du sida écrivent des "livres souvenir" pour leurs enfants. Des documents parmi les plus précieux de notre époque. À moins qu’un effort décisif soit entrepris pour arrêter la propagation du virus du sida, on estime que d’ici 2010 jusqu’à quarante millions d’enfants auront perdu leurs parents à cause de cette maladie. L’Ouganda s’est avéré être le pays qui a le mieux réussi à combattre la maladie en Afrique, mais c’est aussi là que se trouve la plupart des orphelins du sida dans le monde, actuellement estimés à deux millions. Quand leurs parents meurent, les enfants sont livrés à eux-mêmes. Et ces enfants, qui grandissent en s’occupant les uns des autres, commencent leurs vies sans passé et avec un avenir incertain. Pour cette raison, un projet très spécial a été créé en Ouganda : les parents écrivent ces livres souvenir contenant l’histoire de leurs familles. Cela aide les enfants à se rappeler de leurs parents, de leurs traditions, et de leurs valeurs. Les enfants se préparent ainsi doucement à la mort de leurs parents

- « LE SANG DES FEMMES »
Un film français de Christian Lajoumard, réalisé en 2011
Le peuple Pokot est présent dans le nord-ouest du Kenya et dans une partie de l’Ouganda. Fiers, farouchement indépendants, les Pokots sont dépositaires d’une culture très forte et de traditions particulièrement vivaces. Une de ces traditions consiste à mutiler les jeunes filles : passage obligé de l’enfance à l’âge adulte. Ce film est le recueil de témoignages de ceux et de celles qui vivent cette tradition… La combattent et souvent la subissent.

- « PEACE VS JUSTICE »
Un documentaire néerlandais de Klaartje Quirijns réalisé en 2011
Depuis près de 20 ans, le gouvernement du président Museveniin Ouganda lutte contre l’insurrection de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans le nord de l’Ouganda. Le conflit a été décrit comme l’une des pires crises humanitaires au monde. N’ayant pas réussi à mettre fin au conflit militairement, le gouvernement ougandais a invité la Cour pénale internationale (CPI) à enquêter sur les activités de la LRA dans le but de poursuivre les chefs rebelles, qui sont responsables des atteintes aux droits humains les plus flagrantes (enlèvement d’enfants et les forçant à se battre) qui ont été perpétrés dans ce conflit. Mais que se passe-t-il si les victimes de crimes odieux ne veulent pas que la justice soit rendue ? Et si l’acte d’accusation de la CPI menace de saper la paix ? Il est proposé de raconter l’histoire à plusieurs niveaux des efforts de la CPI pour rendre justice en Ouganda par le biais de Lachembel, un deejay d’âge mûr bavard dans la ville de Gulu, au nord de l’Ouganda, Matthew Brubacher, un avocat canadien et l’ancien enquêteur en chef de l’affaire de la CPI en Ouganda et Betty Bigombe. Pendant des années, elle a été la négociatrice du gouvernement ougandais et une force puissante derrière le traité de paix de Juba, que Kony a refusé de signer au dernier moment en 2008

- « QUEEN OF KATWE »
Queen of Katwe est un film biographique sportif américain, réalisé par Mira Nair, sorti en 2016. Il raconte l’histoire de Phiona Mutesi, une jeune joueuse d’échecs ougandaise, présentée dans le film comme prodige, qui quitte son bidonville pour devenir candidat maître de la Fédération Internationale Des Echecs (FIDE) et championne nationale de l’Ouganda, ce qui changera sa vie ainsi que celle de sa famille.

- « WRONG ELEMENTS »
Film franco-allemand – belge réalisé en 2016 par Jonathan Littell
Ouganda, 1989. Un jeune acholi guidé par des esprits, Joseph Kony, forme un nouveau mouvement rebelle contre le pouvoir central, l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Une "armée" qui se développe par enlèvement d’adolescents – plus de 60 000 en vingt-cinq ans. Geofrey, Nighty, Mike et Lapisa font partie de ces enfants, enlevés à l’âge de 12 ou 13 ans. Aujourd’hui ils tentent de se reconstruire, de retrouver une vie normale, et reviennent sur les lieux qui ont marqué leur enfance volée. À la fois victimes et bourreaux, témoins et acteurs d’exactions qui les dépassent, ils sont toujours les Wrong Elements que la société a du mal à accepter. Pendant ce temps, l’armée ougandaise traque encore, dans l’immense forêt centrafricaine, les derniers rebelles LRA dispersés. Mais Kony, lui, court toujours.

- « BUGANDA ROYAL MUSIC REVIVAL »
Film suisse réalisé en 2019 par Jules Koechlin et Basile Koechlin
Alors que la musique du royaume du Buganda est à la veille de tomber dans l’oubli, une poignée de musiciens encore en activité se réunit pour faire entendre à nouveau le son de leurs instruments

- « KONY 2012 »
Film français d’ Étienne Huver, Boris Razon, Jean-Baptiste Renaud réalisé en 2009
Kony 2012 est un événement international organisé par le groupe Invisible Children. Le but recherché est de faire connaître mondialement Joseph Kony pour mieux faciliter son arrestation. Joseph Kony est responsable de crimes d’enlèvements d’enfants pour en faire des soldats, de réduction d’enfants à l’esclavage ainsi que l’esclavage sexuel pour les jeunes filles, de nombreux massacres civils, d’exactions et de nombreuses destructions et pillages réalisés par les troupes de chocs. Ce criminel est resté dans le silence pendant une vingtaine d’années à commettre ses crimes sans en payer les conséquences.

LES FILMS OUGANDAIS

Le cinéma ougandais ne reprend pas tous les thèmes des cinéastes étrangers. Il s’intéresse plus à la société ougandaise et en ce sens donne un autre regard sur ce pays.

- « FACE AU NORD » (2018) Tukei Peter Muhumuza, scénariste et réalisateur
Presque tous les hommes du village sont partis en Europe. Une mariée est tiraillée entre deux futurs possibles. Grâce au soutien de sa demoiselle d’honneur, elle vit entre son amour passé et son engagement en attente.

- « KENGERE (2010) » de Tukei Peter Muhumuza, écrivain, réalisateur et directeur de la photographie
Kengere est un film documentaire ougandais réalisé en 2010. En 1989, des soldats ougandais enferment 69 personnes dans des wagons et y mettent le feu, les accusant d’être des rebelles. Kengere raconte l’histoire d’un cycliste retournant dans son village pour aller chercher une cassette contenant les preuves de ce crime. Quelque part entre documentaire et animation, le film nous invite à un voyage envoûtant où des sons évocateurs racontent à la fois la vie quotidienne et certains moments graves de l’histoire de l’Ouganda.

- « WALK WITH ME » (2014)
Ce court métrage complexe, parfois sombre, de Johan Oettinger et Peter Tukei Muhumuza combine habilement les techniques d’animation et de long métrage. Les deux réalisateurs ont été réunis dans le cadre du projet Dox Lab du festival du documentaire de Copenhague. Walk with Me a été tourné en Ouganda et achevé au Danemark. Une jeune fille en Ouganda rêve d’être une ballerine, ce qui est remarquable et presque irréalisable en Afrique rurale.

- « QUI A TUE LE CAPITAINE ALEX ? »
Ce film de 2010 est comédie écrite, produite et dirigée par Nabwana Isaac Godfrey Geoffrey (de IGG), en Wakaliwood.
Le capitaine Alex, l’un des officiers les plus décorés de l’Ouganda People’s Defence Force, est envoyé pour détruire le méchant Richard et sa Tiger Mafia, une organisation criminelle qui contrôle la ville de Kampala depuis l’ombre. Après que le capitaine Alex ait capturé le frère de Richard lors d’une mission de commando à Wakaliga, perdant d’innombrables hommes dans le processus, Richard veut se venger. Il envoie une espionne au camp militaire qui séduit le capitaine Alex afin que la Tiger Mafia le capture. Plus tard dans la nuit, un cri retentit dans la tente, le capitaine Alex est retrouvé mort - mais personne ne sait qui l’a tué. Le frère du capitaine Alex, un moine ougandais Shaolin surnommé Bruce U (une pièce sur Bruce Lee comme il est connu pour son kung-fu exceptionnel arrive à Kampala à la recherche du meurtrier. Après s’être battu avec des artistes martiaux du temple à proximité, il rencontre le maître du temple. Bruce U supplie désespérément le maître de l’aider dans sa mission de vengeance, mais le maître refuse, disant que les arts martiaux ne devraient pas être utilisés pour la vengeance et la rage, mais plutôt pour maintenir un mode de vie sain. Bruce U part frustré, le maître lui rappelant d’apporter du gâteau lors de leur prochaine réunion. Après avoir passé la nuit dans un arbre, Bruce U se réveille et commence sa routine d’entraînement. Après avoir allumé un feu pour cuire du poisson, il trouve une femme dans l’herbe. La femme s’appelle apparemment Ritah, l’une des épouses de Richard qui a perdu la mémoire après avoir été abattue par Richard (Richard a tellement d’épouses qu’elles sont consommables).
L’UPDF, désormais privé d’un leader aussi magnifique qu’Alex, peine à formuler un plan de capture pour Richard. Cependant, après avoir analysé une carte de l’Ouganda, ils trouvent une zone de jungle qui relie à l’entrepôt présumé dans lequel Richard se cache actuellement. Pendant ce temps, Richard dit à Puffs, son subordonné de Russie, de voler un hélicoptère aux militaires et de bombarder Kampala. Alors que Puffs fait des ravages sur Kampala avec l’hélicoptère, Bruce U est capturé par la Tiger Mafia. Maintenant dans l’entrepôt, Bruce U se retrouve face à face avec Richard, qui commande aux assassins des Puffs d’attaquer Bruce U et de le combattre un contre un. Bruce U cependant, les défie tous en même temps jusqu’à ce qu’il soit submergé par l’un des styles de kickboxing des assassins. Juste à temps cependant, l’armée se rapproche de l’entrepôt et force la mafia du Tigre à évacuer. Après que l’armée ougandaise a retrouvé Richard, une séquence d’actions s’ensuit, comprenant un certain nombre d’hélicoptères, une myriade d’explosions et un immense nombre de corps. Après une embuscade prolongée, une réaction en chaîne tue Puffs et submerge Richard au point où il est blessé et placé en garde à vue, tout en jurant de se venger de la suite. En fin de compte, cependant, alors que le gouvernement place l’Ouganda sous la loi martial, personne ne sait qui a réellement tué le capitaine Alex.

LES REALISATEURS

Tukei Peter Muhumuza

Tukei Peter Muhumuza est un écrivain, réalisateur et directeur de la photographie ougandais. Issu d’une formation artistique, il est entré dans l’industrie cinématographique avec un œil vif et travaille souvent dans le monde multimédias tels que l’animation en stop-motion, la marionnette et la photographie.
Connu pour ses courts métrages imaginatifs "Ink", "Kengere", "Reflection" et "Walk with Me", il est présent à la TATE Modern, au Mehrangarh Museum of Art and State of Design Conference avec Olafur Eliasson ainsi qu’à des festivals de premier plan comme le Festival international du film de Rotterdam, CPH : DOX et le Festival international du court-métrage d’Oberhausen.

Isaac Nabwana

Réalisateur et fondateur de la première société de films d’action en Ouganda, la Ramon Film Productions (RFP). Né en 1973 (Âge : 47 ans) à Kampala.

Nathan Magoola
Nathan Magoola, cinéaste ougandais est né à Jinja, en Ouganda, en 1978. En 2001, il s’est installé aux Etats Unis pour étudier le codage informatique au St. Paul College, dans le Minnesota. En 2008, il travaille sur son premier film en tant que producteur associé, et le film est sélectionné au festival international de Berlin puis dans une trentaine de festivals. En 2009, il retourne en Ouganda et crée Ntice Mediaworks, une compagnie de production qui produit des films, des courts-métrages, des documentaires, des clips et des publicités. Par la suite, il prend part à de nombreux projets : le court métrage « Reflection » pour l’exposition de Olafur Elliason au Tate Modern de Londres, le long métrage « Felistas Fable » sélectionné au Festival international du film de Goteborg, le court métrage « Walk with me » sélectionné au Festival international du film de Rotterdam, etc.
Il a effectué une résidence d’un mois à l’Abbaye de Saint-Jean-d’Angély en 2018. Il y a développé le scénario du court métrage ZONTO, qui a été sélectionné en 2013 au Campus des Talents de la Berlinale, et qu’il a souhaité transformer en long métrage. À travers ce film, il souhaite attirer l’attention sur les familles d’Ouganda qui vivent dans les décharges de déchets. Il raconte l’histoire d’un adolescent, Zonto, qui vit dans un tel quartier et est passionné par le rap. Grâce à sa passion, il parvient à apporter un peu de lumière aux habitants de son quartier.

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D’AMAKULA

Le Festival international du film d’Amakula est un festival annuel qui se déroule en Ouganda/. Il a été créé en 2004 par l’historienne du cinéma hollandaise Alice Smits et le cinéaste américain Lee Elickson.

WAKALIWOOD : PETITS MOYENS, SUPERS PRODICTIONS EN OUGANDA

L’histoire retiendra que c’est ici qu’est né un cinéma d’un genre nouveau : Wakaliwood, inspiré du nom d’un bidonville de Kampala, la capitale de l’Ouganda. Un Hollywood artisanal. Des films déjantés fabriqués avec trois fois rien. Les tournages se déroulent dans l’arrière-cour d’Isaac Nabwana, l’unique réalisateur et créateur de Wakaliwood. Tous les ustensiles sont récupérés. Un film ne coûte pas plus de 200 €. Une cinquantaine de films ont été réalisé en moins de 15 ans

Les ingrédients sont bien connus : du kung-fu, des cascades, des armes et beaucoup de rires. "Pour moi, la violence est un langage, un langage que tout le monde comprend. Moi, j’appelle cela comédie-action, parce que cela reste toujours une comédie, on rigole, c’est pour se divertir", explique le réalisateur. Les techniciens et les acteurs ne gagnent pas suffisamment pour vivre de leur passion, mais ils y trouvent leur compte. "J’adore, parce qu’il y a de l’action, et que, dans ce film, je suis le plus fort de tous les gangsters", se réjouit Appolo Asiimwhe. En moins de 15 ans, Isaac Nabwana a déjà réalisé une cinquantaine de films.

Wakaliwood a fait connaître le cinéma ougandais dans le monde entier. Le premier film de la production, « Qui a tué le capitaine Alex », sorti en 2010, a rencontré un grand succès. Depuis les tournages s’enchaînent. Pour sa part, le réalisateur et scénariste ougandais Isaac Nabwana croit dur comme fer au succès de l’industrie cinématographique de Wakaliga. Les films d’action aux scénarios cousus de fils rouges de Nabwana lui ont notamment mérité le surnom de « Tarantino ougandai