Le cinéma angolais

  • Mis à jour : 2 avril

Le cinéma angolais apparaît après la Seconde Guerre mondiale.

HISTOIRE

Angola colonie portugaise
Jusqu’à la fin des années 1940, l’ Agence Générale des Colonies (pt) et les "missions cinématographiques en Angola" produisent une série de films documentaires, dont « Exposition provinciale d’agriculture, élevage et d’industrie » (1923), « Chipinica », « Soba do Dilolo », « Préparation du café », « Richesses d’Amboim », « Angola économique » (1929).

Le premier film connu et inventorié, « O Caminho de Ferro de Benguela » (Le Chemin de fer de Benguela) est réalisé par Artur Pereira.

Le premier long métrage de fiction, « O Feitiço do Império » (Le Sort de l’empire) (1940) est réalisé par António Lopes Ribeiro.

Dans les années 1950 et 1960, des documentaires sont réalisés, dont « Ensino em Angola » (Enseigner en Angola, 1950) de Ricardo Malheiro, « Angola en mars » (1952), de Felipe de Solms, « La Terre et les peuples » (1954), d’António Sousa, la série « Notícias de Angola » (1957-1961), de João Silva, « Le Roman de Luachimo » (1968), de Baptista Rosa.

Parmi les autres institutions susceptibles de produire des films en territoire angolais, il faut on compter sur le Service de cartographie de l’armée, le Centre d’information et de tourisme d’Angola (CITA), Telecine-Moro et Cinangola Filmes.

Le film documentaire « Angola, na Guerra e no Progresso » (1971, Angola en guerre et en progrès), du lieutenant Quirino Simões, est le premier film portugais au format 70mm. Pendant la période de la guerre coloniale, on enregistre le plus grand nombre de productions de films fiction, notamment :
- « A Voz do Sangue » (1965), d’ Augusto Fraga (en) (1910-2000),

- « Captain Singrid » (1967), de Jean Leduc (1922-1996),

- « Un Italien en Angola » (1968), d’Etore Scola (1931-2016),
- « Rarement » (1972) d’António Sousa,
- « Maltais, bourgeois et parfois » ... (1973), d’Artur Semedo,
- « Tant qu’il y a la guerre, il y a de l’espoir » (1974), d’Alberto Sordi (1920-2003).
Dans le même temps, depuis la fin des années 1960, les archives anti-coloniales du département Information et propagande du MPLA et les films :
-  « Monangambê » (Sous contrat, 1971)
- « Sambizanga » (1972) de Sarah Maldoror (1939-), inspirés par les œuvres de José Luandino Vieira (1935-), instituent un cinéma d’intervention qui va s’affirmer avec l’indépendance du pays.

Depuis l’indépendance

Après l’indépendance, le cinéma angolais est entièrement pris en charge par les structures de l’État, que ce soit pour sa production ou sa diffusion.
Les cadres de Promocine et de la Televisão Pública de Angola (TPA) reçoivent une formation rapide. Et le nouveau cinéma angolais, post-colonial, peut commencer à accompagner la mobilisation populaire pour le nouveau pays, en enregistrant les conditions de vie et de travail des ouvriers et des paysans, et leurs activités politico-militaires :
- « Sou Angolano, Trabalho com Força » (Angolais, travail de force) (1975), de Ruy Duarte (1941-2010),
- « Un festin à vivre » (1976), de Ruy Duarte,
- « Résistance populaire » d’António Ole,
- « Benguela » (1976), d’Asdrubal Rebelo,
- « La lutte continue » (1976), d’Asdrubal Rebelo,
- « Les "Actualidades" », de Sousa e Costa
les films de l’équipe Angola - Ano Zero, formée par les frères Victor, Francisco et Carlos Henriques, d’une grande importance pour le début d’une cinématographie angolaise.

Avec la TPA, l’Institut angolais du cinéma (IAC) et le Laboratoire national du cinéma (LNC) sont les organismes responsables de la production cinématographique, créés dans les structures de l’État. Sous leur direction, sont produits :
- « Pamberi ne Zimbabwe » (1981), de Carlos Henriques,

- « Conceição Tchiambula » (1982), de António Ole,
- « Nelisita » (1982) de Ruy Duarte de Carvalho

Nelisita : narrativas nyaneka from RDC virtual on Vimeo.

- « Memoria de um dia » (1982), de Orlando Fortunato.

Les situations politico-militaire et socio-économique se dégradent, entraînant celle des infrastructures et de la motivation des cinéastes et des techniciens.
La production cinématographique s’étouffe :
- « Levanta, fla et vamos » (1986), d’Asdrubal Rebelo,
- « Caravana » (1990), de Rogelio Paris, en co-production cubaine,
- « Miradouro da Lua » (1992), de Jorge António, première co-production luso-angolaise.

Cette structure s’effondre et la Télévision populaire d’Angola (TPA) assume alors pleinement son rôle dans la production de certains films de guerre, en particulier sous la houlette de Henriques. En 1999, l’appareil d’État angolais est remodelé : le LNC et le CCI sont supprimés, et leurs fonctions intégrées à l’Institut national des industries culturelles. Cette époque voit émerger un cinéma angolais inspiré et récompensé lors de divers festivals.

Années post 2000

Cependant, toujours faute de moyens, ce secteur finit par décliner, et il faudra attendre les années 2000 pour observer un certain renouveau. En parallèle, on constate une résurgence de la vidéo et l’émergence de petites productions à faible coût alimentant un circuit de distribution non structuré. Le ministère de la Culture, à travers l’Institut angolais du Cinéma et de l’Audiovisuel , crée un Festival annuel du film accueillant ces productions et d’autres créations africaines, et honorant certains cinéastes angolais et étrangers. Le Cinéma Angolais . Le 1er Festival International du Film s’est tenu à Luanda en novembre 2008.

Parmi les films récents qui ont reçu un bon accueil international :
- « Na cidade vazia » de Maria João Ganga,

- « Un héros » de Zézé Gamboa, sur la vie d’un ancien soldat dans les rues de Luanda, et qui remporte un prix au Festival du film de Sundance (2005),

- « Dans la ville vide », de Maria João Ganga,
- « O Comboio da Canhoca », de Orlando Fortunato.