bandeau 1 bandeau 2 bandeau 3 bandeau 4 bandeau 5 bandeau 6

Cultures & Cinémas

Vous êtes ici : Accueil > LES NANARS SELECTION C&C > Les nanars Péplum > Le Nanar du mois de mai 2020 : "Hercule se déchaîne"

Le Nanar du mois de mai 2020 : "Hercule se déchaîne"

  • Mis à jour : 30 avril

Suite au visionnage de l’excellent documentaire "Péplum : muscles, glaives et fantasmes" diffusé vendredi 26 mars 2019 qui m’a bien fait rire je vais vous envoyer lors des prochains mois une série de péplum tous plus nanars les uns que les autres.
Cinécandide
"Hercule se déchaîne" est un film franco-italien réalisé par Gianfranco Parolini, sorti en 1962.


FICHE TECHNIQUE
Titre :« Hercule se déchaine »
Titre original : « La furia di Ercole »
Titre suisse francophone : « La Fureur d’Hercule »
Réalisation : Gianfranco Parolini
Scénario : M. D’Amiens, Arpad DeRiso, Gianfranco Parolini, Giovanni Simonelli, Sergio Sollima d’après une histoire de Larry Madison, Gianfranco Parolini et Giovanni Simonelli
Musique : « Carlo Innocenzi »
Pays d’origine : Italie - France
Tournage : Studio Dubrava Film (Zagreb)
Durée : 97 minutes
Dates de sortie : août 1962

SYNOPSIS
Hercule, mi-Dieu, mi-homme, parcourt le monde antique pour détruire le mal et faire régner la justice. Hercule rend visite au royaume d’Arpad. Voici donc Hercule voyageant tranquillement de par le royaume, admirant les paysages carton-pâte alentours, avant de se voir arrêté et jeté en prison, ce sans intention de nuire. Et pourquoi donc ? Tout simplement parce que la reine ne tient plus les rennes. Il apprend que son ami, le roi Nisias vient de mourir et que c’est sa fille Cnidia qui règne. Mais voilà elle ne tient plus les rennes, et malgré ses sentiments pour le noble Hercule, , elle est en douce supplantée par le juda Mevisto, qui en seigneur de la guerre ivre de pouvoir, emprisonne et exécute à tour de bras, à l’aide de son armée de mercenaires, afin d’y faire régner sa propre justice. Hercule va se rallier aux rebelles pour déjouer les plans du félon..

DISTRIBUTION
Brad Harris (V.F : Bernard Noël) : Hercule
Brigitte Corey (V.F : Jany Clair) : Daria
Mara Berni (V.F : Sylvie Deniau) : la reine Cnidia d’Arpad
Carlo Tamberlani : Éridione
Serge Gainsbourg (V.F : lui-même) : Menisto
Alan Steel : Janak le muet
Irena Prosen : Mila
Et oui , il y a Gainsbourg, rien que pour cela, ça vaut la peine

CRITIQUES
Dès le début du film, on voit arrivé un gars super musclé monté sur un char tiré par quatre chevaux. Tiens Ben Hur s’est échappé de la zone de tournage voisine. Eh,ben non ! C’est Hercule Himself ! Des bandts s’attaquent à lui mais ils se sont trompés de gus. Les abrutis s’enfuient, rappelés par leur chef.

Cet énième volet des exploits d’Hercule n’est pas le plus nul. Le titre est un peu trompeur mais il est vrai que ce n’est pas le plus pépère des films mettant en avant le héros grec non plus. Sinon on y trouve les trucs habituels soulèvements de poids, luttes face à des animaux et poursuites en chars peu de surprise de ce côté-là. À noter, la présence du tout jeune Serge Gainsbourg comme méchant. Hercule vs Gainsbourg, le match étant gagné d’avance par le premier, que restait-il à faire pour le second ? Tenter sa chance dans la chanson.

Malgré tout on y retrouve les poncifs du Nanar. C’est dans la panoplie de tous les Hercules tournés dans les années soixante. Des Hercules par ci et des hercules par là. Celui-là n’ a rien d’extraordinaire, un scénario facile, des scènes de studio à m’en plus finir. Des décors mal exploités. Quand à la performance de Serge Gainsbourg dans le film elle est absolument médiocre.

Ceci n’est pas étonnant car on retrouve le réalisateur du fameux "Samson contre Hercule" ,même équipe technique, même casting dans des rôles équivalents, enfin pas tout à fait pour Siergio Ciani / Alan Steel pas encore teint en blond, qui a dans Samson contre Hercule un rôle très important d’alter ego du héros, alors qu’il est simple comparse dans Hercule se déchaîne.
Les aventures se font ici bien trop rares pour que l’aventure à plein titre ne prenne vie, même par éclairs, comme elle se doit d’être, à savoir trépidante, et s’il y a bien à mi-parcours un challenge que Hercule se décide à affronter afin de sauver une pseudo traîtresse du bûcher où elle n’a pas sa place hormis d’être l’instrument d’un complot fomenté par l’ignoble tyran Mevisto (Warkalla dans la version originale) - campé par un Serge Gainsbourg en bonne forme mais en manque de nicotine pour remporter au final la partie - sinon donc, que tout ceci reste plat !

Alors si, Hercule le demi-dieu se bat bien contre un lion neurasthénique, un gorille (ou un homme singe - pas bien compris, mais faut voir la bête toute droit sortie d’un "frissons africains"), qu’il portera à bout de bras en vainqueur, puis un autre duel sur un tapis de pals qui se déglinguera d’ailleurs de lui-même comme du polystyrène (mais ce devait tout bêtement être du polystyrène) sous le poids des deux combattants, puis au final une chute dans la "trappe de la mort" avant qu’il en remonte à la force des bras, bref entre cela, il ne se passe pas grand-chose et finalement les qualités que j’ai pu retenir demeurent d’avantage du côté de l’accessoire et du second degré

Ce qui m’amène au petit plaisir procuré par ces dialogues en français - excellemment doublés du reste - aux accents titi parigot du meilleur aloi. Quand dans un péplum les femmes causent comme les lessiveuses de "Gervaise", que voulez-vous ? Le charme finit par opérer là où on ne l’attend pas et le plaisir se fait parallèle, un brin égoïste même. Bon quoi d’autre encore ? Ah oui ! Un Brad Harris assez convaincant, ce qui n’est pas négligeable, déjà parce qu’un héros pas trop mal vaut mieux qu’un pur culturiste sorti de la piste aux étoiles, qui plus est parce qu’ils ne sont pas légions dans le genre antique à s’en sortir honorablement. Alors pour une fois que le type passe correctement, on va quand même pas lui jeter la pierre au Maciste (Samson, euh Hercule... on n’attend plus qu’Ulysse !). Ailleurs les acteurs se défendent mais se sont les femmes à ce niveau qui font et sauvent le film. Autant la reine, la princesse que la traîtresse servante de Mevisto font forte impression (respectivement Irena prosen, Mara Berni et Luisella Boni). Elles prennent ici l’ascendant sur Hercule et les mâles en général et chacune d’elle en plus d’être jolie, possède plus de charisme que Maciste, Samsom et Hercule réunis. C’est peut-être pour leur présence, voire leur performance qu’il faut voir le film.
Ensuite et pour finir, seule la photographie se fait par moment somptueuse, par rapport à un ensemble bien trop conventionnel et pas assez délirant pour être vraiment convaincant. C’est un peu dommage, il semblait y avoir un peu de place pour mieux faire.