CYCLE Grands acteurs et actrices français : Guy Bedos

  • Mis à jour : 29 mai

Guy Bedos, né le 15 juin 1934 à Alger et mort le 28 mai 2020, est un humoriste français, artiste de music-hall, acteur et scénariste, pied-noir.

BIOGRAPHIE

Arrière-petit-fils d’Alfred Letellier (homme politique de la fin du XIX°) , Guy Bedos est le fils d’Alfred Bedos, visiteur médical, et d’Hildeberte Verdier, fille du proviseur du lycée Bugeaud à Alger (l’actuel lycée Émir Abd el-Kader), où il a été élève. Ses parents s’étant séparés, il est ballotté de maison en hôtel, entre Kouba, où il est mis en pension à l’âge de sept ans chez Finouche, qui lui sert d’institutrice, Souk Ahras et Constantine. Il est scolarisé à treize ans au « lycée public Saint-Augustin » de Bône (aujourd’hui Annaba).

Selon son autobiographie Mémoires d’outre-mère, ses mauvais rapports avec sa mère et son beau-père (ouvrier, puis patron d’une scierie avec lequel Hildeberte s’est remariée) lui rendent la vie difficile : son beau-père bat sa mère, qui bat son fils en retour. Il y raconte aussi que c’est son beau-père, raciste et antisémite, et sa mère, pétainiste, qui lui ont donné sa conscience politique humaniste. Il révèle également qu’il présentait à cette époque des troubles obsessionnels compulsifs (par exemple il lui arrivait de monter et de descendre plusieurs fois dans la journée les escaliers un journal à la main).

C’est son oncle Jacques Bedos, qui a travaillé à Radio Alger avant d’entrer à l’ORTF à Paris, qui est à l’origine de sa vocation d’artiste.

Arrivé à Paris en juin 1949 avec ses parents et ses deux demi-sœurs jumelles, il quitte la maison familiale de Rueil-Malmaison en février 1950 et vit de la vente de livres, pratiquant le porte-à-porte. À l’âge de 17 ans, il entre à l’école de la rue Blanche, y apprend le théâtre classique et signe sa première mise en scène à 17 ans et demi : il s’agit de la pièce de Marivaux « Arlequin poli par l’amour ». Il joue au théâtre mais aussi dans les cabarets, comme La Fontaine des Quatre-Saisons, où il est engagé par François Billetdoux, quand Jacques Prévert, qui lui trouve des talents d’écriture, l’incite à écrire des sketches. Il y interprète son premier sketch, signé par Jacques Chazot, « La Galerie ».

Devant accomplir son service militaire durant la guerre d’Algérie, il fait la grève de la faim et réussit à être réformé pour maladie mentale.

CARRIERE

En 1965, Guy Bedos débute au music-hall à Bobino en covedette avec la chanteuse Barbara, puis se lance dans une carrière d’humoriste en formant un duo avec Sophie Daumier. Sur scène, ils interpréteront de nombreux sketchs qui permettra à l’humoriste de se faire connaître du grand public : « La Drague », « Vacances à Marrakech » ou encore « Toutes des salopes ». Ils se séparent en 1974 pour se lancer dans des projets solos. C’est à partir de cette année-là que Guy Bedos se fera plus corrosif, critiquant l’actualité politique et les hommes et femmes qui la font dans ses spectacles.

Au cinéma, dans les années 1970, il est connu pour son rôle récurrent de Simon, médecin étouffé par sa mère juive pied-noir très possessive, dans les films « Un éléphant ça trompe énormément » et « Nous irons tous au paradis » d’Yves Robert.

Depuis, il a réalisé et interprété de nombreux spectacles, dont un avec les comédiens Michel Boujenah et Smaïn, intitulé« Coup de soleil » à l’Olympia ainsi qu’un duo avec Muriel Robin en 1992.

Il a aussi joué dans des pièces de théâtre comme « La Résistible Ascension d’Arturo Ui » de Bertolt Brecht.

Il a contribué régulièrement à l’hebdomadaire satirique Siné Hebdo créé par le dessinateur Siné, jusqu’à ce qu’il cesse d’être publié. Il avait pris la défense de Siné lorsque celui-ci avait été accusé d’antisémitisme par le directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val

L’humoriste était connu pour ses positions politiques marquées à gauche et son combat contre les discriminations. "On se souviendra de tous ses engagements contre les injustices et le racisme et en faveur de la dignité de toutes et tous", a déclaré SOS Racisme, dont Guy Bedos a été un des premiers parrains.

Il avait pris sa retraite en 2013, après 50 ans de carrière

FILMOGRAPHIE
Cinéma
1955 : Futures Vedettes de Marc Allégret : Rudy
1956 : Courte Tête de Norbert Carbonnaux : Fred Campuche le jockey
1958 : Sacrée Jeunesse d’André Berthomieu : Mickey, le jeune qui reçoit la gifle
1958 :« Les Tricheurs » de Marcel Carné  : un de la bande

1960 : La Millième Fenêtre de Robert Ménégoz
1961 : Ce soir ou jamais de Michel Deville : Jean-Pierre
1962 : « Le Caporal épinglé » de Jean Renoir : le bègue

1962 : L’Empire de la nuit de Pierre Grimblat : Gaspard
1963 : La Soupe aux poulets de Philippe Agostini
1963 : Dragées au poivre de Jacques Baratier : Gérard
1964 : « Aimez-vous les femmes ? » de Jean Léon : Jérome Fénouic

1965 : Les Copains d’Yves Robert : Martin
1967 : Sept hommes et une garce de Bernard Borderie : Latouche
1969 : « Appelez-moi Mathilde » de Pierre Mondy : Georges le fils de François

1970 : « Le Pistonné » de Claude Berri  : Claude Langmann le pistonné

1971 : Pouce de Pierre Badel
1972 : L’Œuf de Jean Herman : Émile Magis
1975 : Le Jardin qui bascule, de Guy Gilles : Maurice Garcia
1976 : « Un éléphant ça trompe énormément » d’Yves Robert : Simon
1977 : “Nous irons tous au paradis” d’Yves Robert : Simon
1980 : Même les mômes ont du vague à l’âme de Jean-Louis Daniel
1984 : Réveillon chez Bob de Denys Granier-Deferre : Thierry Hubert
1986 : Sauve-toi, Lola de Michel Drach : Tsoukolsky
1987 : « Il est génial papy ! » de Michel Drach : Sébastien

1991 : Contre l’oubli de Patrice Chéreau
1996 : Un homme est tombé dans la rue de Dominique Roulet
1997 : Sous les pieds des femmes de Rachida Krim
2003 : Les Clefs de bagnole de Laurent Baffie : lui-même
2006 : La Jungle de Matthieu Delaporte
2007 : « Survivre avec les loups » de Véra Belmont : Jean

2010 : Mourir ? Plutôt crever ! de Stéphane Mercurio : lui-même
2011 : Moi, Michel G., milliardaire, maître du monde de Stéphane Kazandjian : Frank-David Boulanger
2012 : Et si on vivait tous ensemble ? de Stéphane Robelin : Jean

Télévision
1963 : « Les Raisins verts »

1987 : Bonne chance, Monsieur Pic
1999-2001 : Chère Marianne (série TV de cinq épisodes)
2003 : C’est la vie, camarade !
2005 : Une famille pas comme les autres
2007 : « Kaamelott » - Livre V d’Alexandre Astier : Anton

2013 : L’habit ne fait pas le moine, court-métrage de Sandrine Veysset (La Collection Jeanne Moreau)

Documentaires
- « Bedos, c’est moi ! » - Portrait (60 min) réalisé par François Goetghebeur - avec Jamel Debbouze, Gad Elmaleh, Muriel Robin, Thierry Ardisson, Michel Drucker…
- « Elle s’appelait Simone Signoret », un documentaire réalisé par Christian Lamet et Nicolas Maupied. Guy Bedos apparaît dans ce documentaire dont la première diffusion a lieu le 30 septembre 2010 sur France 5, à l’occasion du 25e anniversaire de la disparition de Simone Signoret dont il était l’ami proche.

Courts-métrages
- Quand le soleil dort (1954),
- La Revenante (1960).

Théâtre
- 1951 : Mon ami le cambrioleur d’André Haguet, mise en scène Jean-Paul Belmondo et Guy Bedos, tournée d’été
- 1954 : Les Pas perdus de Pierre Gascar, théâtre Fontaine
- 1955 : Jeux de princes de Jean Loynel, Petit Marigny
- 1956 : Le mari ne compte pas de Roger-Ferdinand, mise en scène Jacques Morel, théâtre Édouard VII
- 1956 : Le Miroir d’Armand Salacrou, mise en scène Henri Rollan, théâtre des Ambassadeurs
- 1957 : Les Pas perdus de Pierre Gascar, mise en scène Jacques Mauclair, théâtre Fontaine
- 1959 : Bon Week-End M.. Bennett de Paule de Beaumont d’après Arthur Watkyn, mise en scène Michel Vitold, théâtre de la Gaîté-Montparnasse
- 1962 : L’Idée d’Élodie de Michel André, mise en scène Jean Le Poulain, théâtre Michel
- 1968 : Service de nuit de Muriel Box et Sydney Box, mise en scène Jacques Mauclair, théâtre Gramont
- 1992 : Bedos/Robin (avec Muriel Robin), Olympia
- 1993 : La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht, mise en scène Jérôme Savary, théâtre national de Chaillot
- 1997 : Dérapage d’après Arthur Miller, mise en scène Jérôme Savary, théâtre de Paris
- 2003 : Guy Bedos de Guy Bedos, Nicolas Bedos et Gérard Miller, mise en scène - Jean-Michel Ribes, théâtre national de Nice
- 2004 : Sortie de scène de Nicolas Bedos, mise en scène Daniel Benoin, théâtre national de Nice
- 2006 : En piste ! de Guy Bedos, mise en scène Roger Louret, théâtre national de Nice
- 2007 : Hier, aujourd’hui, demain de Guy Bedos et Jean-Loup Dabadie, mise en scène Roger Louret, théâtre du Rond-Point
- 2009 : Le Voyage de Victor de Nicolas Bedos, mise en scène de l’auteur, théâtre de la Madeleine
- 2011 : Rideau ! de Guy Bedos, mise en scène Roger Louret, théâtre du Rond-Point
- 2015 : Moins 2 de et mise en scène Samuel Benchetrit, théâtre Hébertot