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Le Nanar du mois de juin 2020 : "Maciste et les Filles de la vallée"

  • Mis à jour : 31 mai

Suite au visionnage de l’excellent documentaire "Péplum : muscles, glaives et fantasmes" diffusé vendredi 26 mars 2019 qui m’a bien fait rire je vais vous envoyer lors des prochains mois une série de péplum tous plus nanars les uns que les autres. Retour ligne automatique
Cinécandide
"Maciste et les Filles de la vallée" est un un film italien réalisé par Amerigo Anton, sorti en 1964.

FICHE TECHNIQUE
- Titre original : « La valle dell’eco tonante »
- Réalisation : Amerigo Anton
- Scénario : Mario Moroni, Alberto De Rossi et Amerigo Anton d’après une histoire de Mario Moroni et Alberto De Rossi
- Musique : Carlo Rustichelli
- Production : Luigi Rovere
- Durée : 90 minutes
- Dates de sortie : 9 octobre 1964 (Italie) _ 5 octobre 1966 (France)

SYNOPSIS

Alors que les égyptiens le supplient de leur venir en aide, Maciste préfère passer son temps à courtiser les femmes. Mais lorsque les hommes d’une reine cruelle et assoiffée de pouvoirs tuent et pillent les villages, Il décide finalement de se porter au secours des égyptiens…

DISTRIBUTION

- Kirk Morris (VF : Jean-Pierre Duclos) : Maciste
- Hélène Chanel (VF : Jacqueline Ferrière) : Farida
- Alberto Farnese (VF : René Arrieu) : Masura
- Spela Rozin : Selina
- Furio Meniconi : Manatha
- Rosalba Neri (VF : Claude Chantal) : Ramhis
- Nando Tamberlani : Manata le Sage
- Dante Posani (VF : Pierre Fromont) : Tarash

CRITIQUES
(Ref. Biscinéma.net)
Souvent considéré comme un des plus mauvais « Maciste », ce film n’est pas, en effet, une grande réussite, y compris selon les standards, généralement bas, du péplum italien. Pourtant, comme souvent, il se dégage de cette bande naïve un réel charme suranné qui, associé à une durée réduite (80 minutes et basta) permet de la visionner sans user de l’accéléré.

Réalisé par Tanio Boccia sous son pseudonyme coutumier d’Amerigo Anton, « MACISTE ET LES FILLES DE LA VALLEE » se situe dans la tradition des précédents péplums du cinéaste comme « JULES CESAR CONQUERANT DE LA GAULE », « SAMSON L’INVINCIBLE » ou « LE TRIOMPHE DE MACISTE », à savoir de petits films hâtivement confectionnés mais relativement plaisants pour les plus indulgents. Boccia, loin d’être un cinéaste doué, livra en effet une dizaine de péplums en quatre ans avant de se reconvertir dans l’aventure.

« MACISTE ET LES FILLES DE LA VALLEE » se révèle donc un de ses produits de fin de cycle, réalisé alors que le péplum agonisait, victime de ses excès (plus de 100 films sortis en cinq ans !) et bientôt balayé par la déferlante du western. Le budget est par conséquent famélique, la figuration restreinte (la tribu des Gameli compte trente membres !), les rochers en plastiques ont l’air plus faux que jamais et le gros morceau de bravoure, d’ailleurs illustré sur l’affiche, consiste à enfermer Maciste dans une pièce dont les murs menacent de l’écraser. Bref, la misère et le long-métrage peut uniquement compter sur son sympathique casting pour s’élever au-dessus de la masse.


Familière du cinéma populaire, la Française Hélène Chanel incarne ainsi la belle et sournoise reine Farida tandis que Rosalba Neri, idole sexy du cinéma populaire italien, se contente malheureusement d’un rôle très anecdotique. Frustrant pour ses admirateurs.

Kirk Morris, pour sa part, joue Maciste pour la sixième et dernière fois, quoiqu’il ait interprété d’autres héros légendaires, comme Hercule ou Samson, durant sa courte carrière (une vingtaine de films tournés en une seule décennie). Bovin et inexpressif, Kirk Morris reste un des pires « gros bras » enfanté par le « muscle opéra » italien des sixties et MACISTE ET LES FILLES DE LA VALLEE ne fait aucunement mentir cette assertion : l’acteur y est tout simplement amorphe, y compris dans les scènes d’action, d’ailleurs plutôt piteuses. Seul Mark Gregory atteindra, par la suite, un tel niveau de non implication.

Passons d’ailleurs sur le postulat de base saugrenu qui montre un héros de l’antiquité grecque transporté au Moyen-Orient pour y devenir l’émissaire d’Allah et le protecteur d’une petite tribu nomade. Mais, après tout, Maciste a fréquemment voyagé de par le monde et les époques comme en témoigne MACISTE DANS L’ENFER DE GENGHIS KHAN, LE TRESOR DES TSARS, MACISTE CONTRE LES MONGOLS, MACISTE EN ENFER ou carrément ZORRO CONTRE MACISTE.

Même en admettant ces prémices, MACISTE ET LES FILLES DE LA VALLEE ne lésine d’ailleurs pas sur les incohérences et invraisemblances. La force du guerrier, par exemple, diffère d’une scène à l’autre puisqu’on le voit, dans l’une, soulever des rochers de plusieurs tonnes et, dans la suivante, être incapable de se défaire de ses chaines ou même d’un simple filet. Les péplums italiens ne furent jamais réputés pour leur crédibilité et celui-ci ne fait pas exception. Il fut, en outre, un des derniers « Maciste » produit dans la Péninsule : après 1964, le péplum disparut des écrans et seuls Jésus Franco réutilisa le personnage, en 1973, dans son doublé érotico-fantastique : LES GLOUTONNES et MACISTE CONTRE LA REINE DES AMAZONES.

Sans surprise et parfois ennuyeux, cette petite série B témoigne cependant des derniers feux du péplum italien et saura amuser les aficionados du genre à défaut de réellement les passionner. A réserver aux fans de belles demoiselles et de culturistes au torse huilé, les autres se tourneront vers les vraies valeurs sûres du « sword and sandal » comme HERCULE A LA CONQUETE DE L’ATLANTIDE ou MACISTE CONTRE LE FANTOME.