CYCLE Grands acteurs et actrices français : Bernadette Lafont

  • Mis à jour : 25 juin

Bernadette Lafont est une actrice française, née le 28 octobre 19381 à Nîmes et morte le 25 juillet 2013 au centre hospitalier du Grau-du-Roi.

BIOGRAPHIE

Jeunesse et formation

Fille de protestants des Cévennes, née à la maison de santé protestante de Nîmes, elle grandit à Saint-Geniès-de-Malgoirès où son père Roger est pharmacien, puis fait ses études au lycée de jeunes filles (actuel collège Feuchères) de Nîmes.

Sa mère, femme stricte au foyer qui désespère d’avoir un garçon pendant dix ans, l’appellera toujours Bernard. Bernadette Lafont se destine à la danse et suit des cours à l’opéra de Nîmes. Elle rêve aussi de cinéma en regardant Brigitte Bardot. Ses cours à l’opéra de Nîmes donnent à la midinette gironde et au caractère bien trempé une cambrure parfaite. Elle décroche la première partie de son baccalauréat, à 16 ans, à Nîmes où ses parents se sont alors installés.

Premiers pas au cinéma
En 1955, alors en vacances, elle fait la connaissance de l’acteur français montant de l’époque, Gérard Blain, dans les arènes de Nîmes où il répète la pièce Jules César. Elle l’épouse à l’âge de dix-huit ans et le suit à Paris où elle rencontre François Truffaut, qui lui offre son premier rôle dans le court-métrage « Les Mistons » (1957) tourné la même année à Nîmes. Voulant faire son premier film, Truffaut qui dispose de peu de moyens financiers l’engage elle et son mari Gérard Blain, à la grande surprise de Bernadette car son mari refuse qu’elle devienne actrice.

Actrice fétiche de la Nouvelle Vague
Elle prend goût au cinéma et devient rapidement une figure représentative de la Nouvelle Vague notamment après les deux films de Claude Chabrol, essentiels du mouvement,« Le Beau Serge » en 1957 avec son mari,

puis « Les Bonnes Femmes » en 1960 où son tempérament fougueux et sexy se révèle.

La jeune comédienne va travailler également avec Jacques Doniol-Valcroze, Édouard Molinaro, Costa-Gavras, Georges Lautner et Louis Malle, Philippe Garrel, Michel Drach et Moshé Mizrahi, Jean-Daniel Pollet ou encore Marc’O, montrant sa prédilection pour un cinéma d’auteurs exigeant.

Estampillée Nouvelle Vague qui critique le cinéma classique, cette bourgeoise décomplexée n’hésite pas à jouer des rôles transgressifs (plusieurs de ses rôles qui mettent en avantage son physique pulpeux lui vaudront le surnom de « vamp villageoise »).

Repli sur la famille
Divorcée de Blain, elle s’unit, en 1959, au sculpteur et cinéaste hongrois Diourka Medveczky qui en fait sa muse et dont elle a trois enfants en trois ans : Élisabeth, David et Pauline.

Sa carrière connaît un creux (elle se retire alors cinq ans à la campagne et met au monde ses trois enfants) mais elle s’en moque, faisant de la phrase de Jean Cocteau sa devise : « Les premières places ne m’intéressent pas spécialement ; celles que j’aime, ce sont les places à part. »
En 1969, l’actrice tourne dans l’unique long métrage de son mari Diourka Medveczky, « Paul », qui, malgré d’excellentes critiques, n’a jamais été distribué et n’est paru qu’en 2012 dans le coffret « Diourka-Lafont » chez Filmedia.

Retour au cinéma
« La Fiancée du pirate » de Nelly Kaplan, en 1969 également, lui permet de renouer avec le succès. Alors que la mode est aux actrices blondes, cette brune de type méditerranéen détonne et se fait qualifier de « Bardot nègre » dans Le Monde par l’écrivain Hervé Guibert.

En 1971, elle est l’une des femmes du manifeste des 343, publié le 5 avril 1971 par le Nouvel Observateur en faveur du droit à l’avortement.

Elle est ensuite l’héroïne de « Une belle fille comme moi » (1972) de François Truffaut et joue le rôle de Marie dans « La Maman et la Putain » (1973) de Jean Eustache qui marquent sa filmographie.

Lafont enchaîne avec des films signés László Szabó (« Zig-Zig » avec Catherine Deneuve), Jacques Bral, Jacques Rivette (« Noroît » avec Geraldine Chaplin), l’italien Pasquale Festa Campanile (« Le Larron »), Jacques Davila et Juliet Berto, ainsi que des comédies et « nanars » réalisés par Gérard Pirès, Jean-Marie Poiré voire Max Pécas, où sa voix gouailleuse et son ton décalé la rendent populaire.

Dans les années 1980, elle apparaît dans plusieurs films de Jean-Pierre Mocky (dont « Le Pactole » avec sa fille Pauline) et Claude Chabrol (dont « Inspecteur Lavardin »

et “Masques”), mais surtout dans« L’Effrontée » de Claude Miller en 1985 qui lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle.

C’est aussi durant cette décennie qu’elle intensifie son activité sur le petit écran, où elle avait débuté dès 1961 : elle participera au fil des ans aux séries « Merci Bernard » de Jean-Michel Ribes, « Maigret » face à Bruno Cremer, Pepe Carvalho,« Les Enquêtes d’Éloïse Rome »,« La Minute vieille », jusqu’à « Scènes de ménages » en 2013 ; elle sera dirigée par Liliane de Kermadec, Paul Vecchiali, Élisabeth Rappeneau, Bruno Garcia, et retrouvera Nelly Kaplan pour un téléfilm en 1985 ; elle interprétera même la gouvernante du Père Noël en 1997.

En 1988, sa fille Pauline, elle aussi actrice, meurt accidentellement. Elle surmonte son chagrin en multipliant les films et les pièces de théâtre. Elle rencontre alors Marion Vernoux et Pierre-Henri Salfati, Raoul Ruiz, Pascal Bonitzer, Claude Zidi, Julie Delpy, Zoe Cassavetes… Tout au long de sa carrière, non contente de multiplier les collaborations avec des cinéastes souvent prestigieux et confidentiels, elle aura eu les partenaires les plus brillants et les plus diversifiés : Eddie Constantine, Laurent Terzieff chez Garrel, Ugo Tognazzi, Jean-Paul Belmondo chez Malle, Jean-Pierre Léaud, Jean-Pierre Kalfon, Jean-Louis Trintignant, Daniel Duval, Michel Bouquet, Alain Cuny, Michel Duchaussoy, André Dussollier chez Truffaut, Michel Galabru, Francis Blanche, Peter Ustinov, Michel Serrault (La Gueule de l’autre), Miles Davis, Richard Bohringer, Victor Lanoux, Jean Lefebvre et Bernard Menez, sans oublier Anna Karina, Bulle Ogier, Micheline Presle, Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg… Elle retrouvera cette dernière dans la comédie à succès « Prête-moi ta main » d’Éric Lartigau en 2006. Deux ans plus tard, elle incarne la mère de Michel Blanc dans « Nos 18 ans. »

Carrière théâtrale

Bernadette Lafont a débuté au théâtre en 1963 mais ce n’est qu’en 1978, en jouant la comtesse Bathory dans « Bathory Erzsebet » de Marie-Françoise Egret, que l’amour des planches la saisit. Elle s’illustre ensuite, entre autres, dans« La Tour de la défense » de Copi, « Désiré » de Sacha Guitry mis en scène et interprété par Jean-Claude Brialy avec aussi Marie-José Nat

, « L’Arlésienne » d’Alphonse Daudet aux côtés de Jean Marais, « Monsieur Amédée » (1999) avec son cher Galabru qu’elle retrouve dans « La Femme du boulanger » de Marcel Pagnol (où elle interprète la bonne du curé)

« Un beau salaud » avec Bernard Tapie, « Les Monologues du vagin » d’Eve Ensler, « Si c’était à refaire » de Laurent Ruquier, « L’Amour, la mort, les fringues » de Nora et Delia Ephron, mis en scène par Danièle Thompson avec Karin Viard, Géraldine Pailhas et Valérie Bonneton dans la distribution, des lectures de Claude Bourgeyx et Marcel Proust notamment ; sa dernière apparition sur scène s’effectue dans l’opérette « Ciboulette » où figure Jérôme Deschamps.

De 1990 à 1996, elle préside les Ateliers de création audiovisuelle de Sommières, une petite structure de formation, délocalisée à Saint-André-de-Valborgne la dernière année.

Ses derniers films,« Paulette » et « Attila Marcel », sortis en 2013, reçoivent un très bon accueil du public.

Elle déclare à cette époque « vivre depuis plus de trente ans dans le même appartement, dans le Marais, avec son chat », alors que son compagnon, le peintre figuratif Pierre de Chevilly, vit principalement à la campagne ; acquéreur de l’ancienne école de garçons de la commune d’Argenton-Château ; sur sa suggestion elle achète, en 2006, une petite maison dans ce lieu calme, sa « thalasso mentale », où elle offre gracieusement son concours de conteuse lors de manifestations culturelles locales en 2011 et 2013. Depuis 2004, elle séjournait ponctuellement à Argenton-les-Vallées, bourgade poitevine, avec son dernier compagnon le peintre Pierre de Chevilly, et depuis 2001 aimait participer bénévolement aux animations locales.

Départ d’une grande actrice
Partie se reposer dans sa maison familiale de Saint-André-de-Valborgne, dans le Gard, elle est victime d’un premier malaise cardiaque, le 28 juin 2013. Contrainte de séjourner au centre héliomarin de Grau-du-Roi, elle a un second malaise le 22 juillet 2013. Transportée par le SAMU au CHU de Nîmes, elle y meurt le 25 juillet 20136 à l’âge de 74 ans, en plein festival de Vebron dont elle est la marraine depuis ses origines en 1988.

Lors de ses obsèques religieuses qui ont eu lieu au temple protestant de Saint-André-de-Valborgne, le 29 juillet 2013, le réalisateur Jean-Pierre Mocky déplore l’absence totale de la profession et du gouvernement. Selon la coutume de ses ancêtres huguenots, elle fut inhumée dans le jardin du mas familial, aux côtés des siens.

En 2013, le cinéaste Gérard Courant lui rend hommage dans « In Memoriam Bernadette Lafont » avec les comédiennes Alexandra Stewart et Stéphane Audran et le comédien Guillaume Gouix qui lisent des lettres de Bernadette Lafont et des textes de François Truffaut et Claude Chabrol.

FILMOGRAPHIE
Cinéma
Courts métrages
1958 : Les Mistons de François Truffaut - Bernadette Jouve
1964 : Tous les enfants du monde d’André Michel (court-métrage, inachevé)
1965 : L’Avatar botanique de Mlle Flora de Jeanne Barbillon
1966 : Je ne sais pas de Gérard Pirès
1967 : Marie et le Curé de Diourka Medveczky
1968 : Monsieur Jean-Claude Vaucherin de Pascal Aubier
1968 : Les Murs (Falak) d’András Kovács - Marie
1969 : Le Dernier Voyage du commandant Le Bihan de Laszlo Szabo
1970 : Renaissance de Yvan Lagrange
1970 : Le Matin de Yvan Lagrange
1971 : Étoile aux dents ou Poulou le magnifique de Derri Berkani
1996 : Pourquoi partir ? de Bastien Duval et Bernadette Lafont - Anna + scénario
1996 : Deux verveines et l’addition de Gilles Pujol
2006 : Le Livre des morts de Belleville de Jean-Jacques Joudiau - La mère
2013 : L’habit ne fait pas le moine de MACT Production - avec Jeanne Moreau et Charles Aznavour pour Canal+

Longs métrages
Années 1950
1957 : « La Tour, prends garde ! » de Georges Lampin

1958 : Le Beau Serge de Claude Chabrol - Marie
1958 : Les Jeunes Maris (Giovani Mariti) de Mauro Bolognini
1959 : Bal de nuit de Maurice Cloche - Nicole
1959 : À double tour de Claude Chabrol - Julie, la servante

Années 1960
1960 : Me faire ça à moi de Pierre Grimblat - Annie
1960 : L’Eau à la bouche de Jacques Doniol-Valcroze - Prudence
1960 : Les Bonnes Femmes de Claude Chabrol - Jane
1960 : Les Mordus de René Jolivet - Mado
1961 : Les Godelureaux de Claude Chabrol - Ambroisine
1962 : Un clair de lune à Maubeuge de Jean Chérasse - Charlotte
1962 : Et Satan conduit le bal de Grisha Dabat - Isabelle
1962 : Jusqu’à plus soif de Maurice Labro - Solange
1962 : Tire-au-flanc 62 de Claude de Givray - Bernadette
1963 : Les Femmes d’abord de Raoul André - Miss Jujube
1964 : « La Chasse à l’homme » d’Édouard Molinaro - Flora

1965 : Compartiment tueurs de Constantin Costa-Gavras - La sœur de Georgette
1965 : Les Bons Vivants ou Un grand Seigneur de Georges Lautner (segment Les Bons Vivants) - Sophie
1965 : Pleins feux sur Stanislas de Jean-Charles Dudrumet - Rosine Lenoble
1967 : Un idiot à Paris de Serge Korber - Berthe
1967 : Lamiel de Jean Aurel - Pauline
1967 : Le Voleur de Louis Malle - Marguerite, la servante
1968 : Le Révélateur de Philippe Garrel - La mère
1968 : Les Idoles de Marc’O - Sœur Hilarité
1969 : Paul de Diourka Medveczky - Marianne
1969 : Je, tu, elles... de Peter Foldes
1969 : La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan - Marie
1969 : Le Voleur de crimes de Nadine Trintignant - La logeuse

Années 1970
1970 : Sex Power d’Henry Chapier - Salomé
1970 : Piège de Jacques Baratier
1970 : Élise ou la Vraie Vie, de Michel Drach - Anna
1970 : Caïn de nulle part, de Daniel Daert - Marielle
1971 : Les Stances à Sophie, de Moshé Mizrahi - Céline
1971 : Valparaiso, Valparaiso de Pascal Aubier - Edwarda
1971 : Les Doigts croisés (To Catch a Spy) de Dick Clement - Simone
1971 : La Famille de Yvan Lagrange
1971 : L’amour c’est gai, l’amour c’est triste de Jean-Daniel Pollet - Marie Annassian
1971 : Out 1 : noli me tangere (Out 1) de Jacques Rivette et Suzanne Schiffman - Sarah
1972 : Out 1 : Spectre de Jacques Rivette - Sarah
1972 : L’Œuf (de Félicien Marceau), film de Jean Herman - Rose
1972 :« Une belle fille comme moi » de François Truffaut - Camille Bliss

1972 : What a Flash ! de Jean-Michel Barjol - Elle-même
1972 : Trop jolies pour être honnêtes de Richard Balducci - Bernadette
1973 : La Ville bidon, ou La Décharge de Jacques Baratier - Fiona
1973 : Les Gants blancs du diable de László Szabó - Bernadette, la starlette
1973 : La Maman et la Putain de Jean Eustache - Marie
1973 : Défense de savoir de Nadine Trintignant - Simone
1973 : L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise de Nina Companeez - Rosemonde
1973 : Je, tu, elles... (ou Elles plus elles) de Peter Foldès
1974 : Permettete, signora, che ami vostra figlia de Gian Luigi Polidoro - Sandra
1975 : Zig-Zig, de László Szabó - Pauline + les lyrics
1975 : Une baleine qui avait mal aux dents de Jacques Bral - Bernadette
1975 : Un divorce heureux, de Henning Carlsen - Jacqueline, l’infirmière
1975 : Vincent mit l’âne dans un pré (et s’en vint dans l’autre) de Pierre Zucca - Jeanne Dogson
1976 : « Noroît, ou Le Bal de l’horreur » de Jacques Rivette - Giulia
1976 : L’Ordinateur des pompes funèbres de Gérard Pirès - Louise Delouette
1976 : Un type comme moi ne devrait jamais mourir de Michel Vianey - Marthe
1976 : Le Trouble-fesses de Raoul Foulon - Dany Lajoux
1978 : Strauberg est là (Strauberg ist da) de Mischa Gallé
1978 : Violette Nozière de Claude Chabrol - La codétenue
1978 : Chaussette surprise, de Jean-François Davy - Bernadette
1978 : La Tortue sur le dos, de Luc Béraud - Camille
1979 : Le Larron (Il Ladrone) de Pasquale Festa Campanile - Appula
1979 : La Frisée aux lardons d’Alain Jaspard - Micheline
1979 : Nous maigrirons ensemble de Michel Vocoret - Corinne
1979 : La Gueule de l’autre de Pierre Tchernia - Gisèle Brossard
1979 : Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! (ou Qu’il est joli garçon l’assassin de papa) de Michel Caputo : Chimène
Années 1980
1980 : Retour en force de Jean-Marie Poiré - Thérèse Blaussac, la femme d’Adrien
1980 : Certaines nouvelles de Jacques Davila - Mayette
1980 : Une merveilleuse journée de Claude Vital - La pharmacienne
1981 : Le Roi des cons de Claude Confortès - Denise
1981 : Si ma gueule vous plaît... de Michel Caputo : Denise Lemoine, la concierge
1982 : On n’est pas sorti de l’auberge de Max Pécas - Geneviève, la femme de Félix
1983 : Cap Canaille de Juliet Berto et Jean-Henri Roger : Mireille Kebadjan
1983 : La Bête noire de Patrick Chaput : Antonia, ex-femme de Boissieu
1983 : Un bon petit diable de Jean-Claude Brialy - Betty
1984 : Canicule d’Yves Boisset - Ségolène
1984 : Gwendoline de Just Jaeckin - La reine
1985 : Le Pactole de Jean-Pierre Mocky - La mère d’Anne
1985 : L’Effrontée de Claude Miller - Léone
1986 : Inspecteur Lavardin de Claude Chabrol - Hélène Mons
1987 : « Masques » de Claude Chabrol - La masseuse

1988 : Deux minutes de soleil en plus de Gérard Vergez
1988 : Les Saisons du plaisir de Jean-Pierre Mocky - Jeanne
1988 : Une nuit à l’Assemblée nationale de Jean-Pierre Mocky - Mme Dugland
1988 : Prisonnières de Charlotte Silvera - Nelly
1989 : L’Air de rien de Mary Jimenez - Constance

Années 1990
1990 : Boom Boom de Rosa Vergés
1990 : Plein fer de Josée Dayan - La femme blonde
1991 : Cherokee de Pascal Ortega - Mme Benedetti
1991 : Sissi la valse des cœurs (Sisi und der Kaiserkuß) de Christoph Böll - La baronne Von Wrangel
1991 : Dingo de Rolf De Heer - Angie Cross
1992 : Ville à vendre de Jean-Pierre Mocky - Claire Derain, l’inspectrice
1992 : Sam suffit de Virginie Thévenet - Lucie
1994 : Le Terminus de Rita ou Rita, Rocco et Cléopâtre de Filip Forgeau
1994 : « Personne ne m’aime » de Marion Vernoux - Annie

1995 : Zadoc et le bonheur de Pierre-Henry Salfati - Zachie
1996 : Le Fils de Gascogne de Pascal Aubier - Elle-même
1996 : Rainbow pour Rimbaud de Jean Teulé - La mère
1997 : Nous sommes tous encore ici d’Anne-Marie Miéville - Calliclès
1997 : Généalogies d’un crime de Raoul Ruiz - Esther
1997 : Sous les pieds des femmes de Rachida Krim - Suzanne
1999 : Rien sur Robert de Pascal Bonitzer - Mme Sauvage
1999 : Recto/Verso ou Les Caméléons de Jean-Marc Longval - Yolande

Années 2000
2000 : Un possible amour de Christophe Lamotte - La mère de Jacques
2002 : Les Amants du Nil d’Éric Heumann - Sophie Frendo
2002 : Les Petites Couleurs de Patricia Plattner - Mona
2003 : Ripoux 3 de Claude Zidi - Carmen
2006 : U de Serge Élissalde (voix de la mère)
2006 : Prête-moi ta main de Éric Lartigau - Geneviève Costa
2006 : Les Aiguilles rouges de Jean-François Davy - L’infirmière
2006 : Le Prestige de la mort de Luc Moullet - Marie-Anne
2007 : Les Petites Vacances de Olivier Peyon - Danièle
2007 : Broken English de Zoe Cassavetes - Mme Grenelle
2008 : 48 heures par jour de Catherine Castel - Mélina
2008 : Mes amis, mes amours de Lorraine Lévy - Yvonne
2008 : Nos 18 ans de Frédéric Berthe - Adèle
2008 :« La Première Étoile » de Lucien Jean-Baptiste - Mme Morgeot

2009 : Bazar de Patricia Plattner - Gabrielle
2009 : Tricheuse de Jean-François Davy - Mme Paroquet

Années 2010
2011 : Le Skylab de Julie Delpy - Mamie
2012 : Paulette de Jérôme Enrico - Paulette
2013 : « Attila Marcel » de Sylvain Chomet - Tante Annie

Télévision
1961 : Première de face de François Gir
1965 : Sylverie ou les Fongs Hollandais de Michel Ayats
1966 : La Morale de l’histoire de Claude Dagues
1966 : Les Pigeons de Notre-Dame de Jacques Villa - La concierge
1967 : Max le débonnaire, de Gilles Grangier (série) (segment Un Bon petit Jules)
1968 : Lumière dans la nuit de André Michel
1975 : La Porte du large de Pierre Badel - Dominique
1979 : Profession comédien - documentaire - de Catherine Barma et Jean-Claude Longin - Elle-même
1981 : Le Chien-chien de la star Le Mythomane de Michel Wyn - Linda Marlène
1982 : Merci Bernard de Jean-Michel Ribes - divers rôles (série)
1982 : Personne ne m’aime de Liliane de Kermadec - La gardienne des sceaux
1983 : Les Beaux Quartiers de Jean Kerchbron - Thérèse Respellière
1983 : L’Homme, la Bête et la Vertu "Emmenez-moi au théâtre" de Marlène Bertin
1984 : Les Malheurs de Malou de Jeanne Barbillon - Malou Mulet, la journaliste
1984 : Désiré de Dominique Giuliani
1985 : Vivement Truffaut - Documentaire de Claude de Givray - Témoignage
1985 : Patte de velours de Nelly Kaplan - Jacinthe
1986 : Un moment d’inattention, de Liliane de Kermadec - La mère
1986 : La Divine Sieste de papa de Alain Nahum
1986 : Photo Flash de Gérard Follin, Guy Girard - Elle-même
1987 : Les Voleurs de lumière de Jean Sagols
1987 : Waiting for the Moon de Jill Godmilow - Fernande Olivier
1988 : François Truffaut, correspondance à une voix - Documentaire de Michèle Reiser - Témoignage
1990 : La Tendresse de l’araignée, épisode V. comme Vengeance de Paul Vecchiali - Hélène Brunel
1991 : Les Quarante Ans des Cahiers du cinéma - Documentaire de (?) - Témoignage
1992 : Fou de foot de Dominique Baron - Solange
1993 : Monsieur Ripois, de Luc Béraud - Michèle
1994 : Maigret : Maigret se trompe de Joyce Buñuel - Désirée Brault
1995 : Tango, mambo et cha-cha-cha de Françoise Decaux-Thomelet
1995 : Terrain glissant de Joyce Buñuel - Sabine
1995 : Douche anglaise de David Pharao
1996 : La Ferme du crocodile de Didier Albert - Danièle Ceylan
1996 : Histoire d’hommes d’Olivier Langlois - Juliette Louvet
1997 : L’Amour en embuscade (Love in Ambush) de Carl Schultz - Madeleine Carver
1997 : Bob Million de Michaël Perrotta - Annie
1997 : L’Amour à l’ombre de Philippe Venault - Suzanne
1997 : Opération Bugs Bunny de Michel Hassan - La gouvernante du Père Noël
1998 : Chercheur d’héritiers, épisode « Hélène ou Eugénie » - de Williams Crépin, Olivier Langlois et Patrice Martineau (série)
1998 : Chercheur d’héritiers, épisode « Un frère à tout prix » de Williams Crépin, Olivier Langlois et Patrice Martineau (série)
1998 : Chercheur d’héritiers, épisode « Bonjour Philippine » - de Williams Crépin, Olivier Langlois et Patrice Martineau (série)
1998 : Heureusement qu’on s’aime de David Delrieux - Mme Sauvage
1998 : Bébés boum de Marc Angelo - Mamina
1999 : Histoire de famille (Pepe Carvalho - Padre, patrón), de Emmanuelle Cuau - Mathilde Pelletier
1999 : Chercheur d’héritiers, épisode « La maison du pendu » de Williams Crépin, Olivier Langlois et Patrice Martineau (série)
1998 : Chercheur d’héritiers, épisode « Une carte postale de Rome » de Williams Crépin, Olivier Langlois et Patrice Martineau (série)
2000 : Le Bimillionnaire de Michaël Perrotta - Mme Granbois
2000 : Vent de colère de Michael Raeburn - Mme Buton
2000 : La Part de l’ombre de Philippe Venault - La commissaire
2000 : Les Enquêtes d’Éloïse Rome de Sophie Révil - Odile Mouret - (série)
2002 : Un jour dans la vie du cinéma Français - Documentaire de Jean-Thomas Ceccaldi et Christophe d’Yvoire - Témoignage
2004 : La Classe du brevet d’Edwin Baily - Mme Achille
2004 : Martin, Lola, Bingo - Si j’avais des millions de Gérard Marx
2005 : Les Copains d’abord - Si j’avais des millions de Gérard Marx - La mère de David
2005 : L’Enfant de personne de Michaël Perrotta - Jeanne
2005 : Ficelle, Le juge est une femme de Jean-Marc Seban - Marie Beltrand
2005 : C’était un petit jardin - Les enquêtes d’Éloïse Rome de Christophe Douchand - Odile Mouret, la mère d’Eloïse
2006 : Les Petites Vacances d’Olivier Peyon - Danièle
2007 : Les Diablesses d’Harry Cleven - Sylvie adulte + narration
2009 : L’Internat : Hélène Massart
2009 : Ma sœur est moi de Didier Albert : Marie-Hélène
2009 : Pas de toit sans moi de Guy Jacques : Madeleine
2010 : La Femme du boulanger de Dominique Thiel : Céleste
2010 : Au bas de l’échelle de Arnauld Mercadier : Annie Morvanec
2010 : Une vie de chat - (film d’animation) d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli : Claudine
2010 : Paul et ses femmes de Élisabeth Rappeneau : Solange
2010 : La Très Excellente et Divertissante Histoire de François Rabelais d’Hervé Baslé : Amandine
2011 : Le Bon Samaritain de Bruno Garcia : Amandine Moustelle
2012 : Parle tout bas si c’est d’amour de Sylvain Monod : Maryse
2013 : La Minute vieille de Fabrice Maruca : elle-même
2013 : Scènes de ménages : prime-time « Scènes de ménages entre amis » (un épisode) : une amie bavarde d’Huguette et Raymond
2013 : L’habit ne fait pas le moine, court-métrage de Sandrine Veysset (La Collection Jeanne Moreau)

Théâtre

1963 : Un mois à la campagne d’Ivan Tourgueniev, mise en scène Pierre Valde, Théâtre du Capitole de Toulouse
1967 : Le Désir attrapé par la queue de Pablo Picasso, mise en scène Jean-Jacques Lebel, festival de la Libre expression de Saint-Tropez
1978 : Bathory Erszebet de Marie-Françoise Egret, mise en scène Pierre Romans, Centre Dramatique de Nanterre - Théâtre des amandiers à Nanterre
1981 : La Tour de la défense de Copi, mise en scène Claude Confortes, Théâtre Fontaine
1984 : Désiré de Sacha Guitry, mise en scène Jean-Claude Brialy, théâtre Édouard VII
1987 : Barrio chino de Christine Albanel, mise en scène Jean-Marc Grangier, Petit Odéon
1993 : La Frousse de Julien Vartet, mise en scène Raymond Acquaviva, Théâtre Édouard VII
1997 : L’Arlésienne d’Alphonse Daudet, mise en scène Roger Louret avec Jean Marais
1998 : 1 table pour 6 d’Alan Ayckbourn, mise en scène Alain Sachs, tournée
1999 : Monsieur Amédée d’Alain Reynaud-Fourton, mise en scène Jean-Pierre Dravel, Théâtre Comédia
2002 : Léo de Patrick Lunant, mise en scène Jean-Luc Tardieu, Petit Théâtre de Paris
2002 : Un beau salaud de Pierre Chesnot, mise en scène Jean-Luc Moreau, Théâtre de Paris
2002 : Les Monologues du vagin d’Eve Ensler, mise en scène Isabelle Rattier, Comédie de Paris
2003 : Les Monologues du vagin d’Eve Ensler, mise en scène Isabelle Rattier, Petit Théâtre de Paris
2004 : Écrits d’amour de Claude Bourgeyx, mise en scène Bastien Duval, Théâtre Fontaine
2005 : Les Monologues du vagin d’Eve Ensler, mise en scène Isabelle Rattier, tournée
2006 : Si c’était à refaire de Laurent Ruquier, mise en scène Jean-Luc Moreau, Théâtre de la Renaissance
2009 : À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, Lecture à la Comédie des Champs-Élysées
2010 : La Femme du boulanger de Marcel Pagnol, mise en scène Alain Sachs, Théâtre André Malraux, représentation du 30 décembre 2010 retransmise en direct sur France 2
2011 : Les Petits Outrages de Claude Bourgeyx, lecture scénique. Théâtre des Déchargeurs, Paris. Tournée jusqu’en mai 2013.
2011 : L’Amour, la mort, les fringues de Nora et Delia Ephron, mise en scène Danièle Thompson, Théâtre Marigny
2013 : Ciboulette de Reynaldo Hahn, mise en scène Michel Fau, Opéra-Comique
Livre audio
2006 : Jules Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques ; Le Rideau cramoisi, Éditions Thélème
2011 : Guy de Maupassant, Mademoiselle Fifi - et autres nouvelles, Éditions Thélème (ISBN 978-2-87862-676-6)
2011 : Guy de Maupassant, La Maison Tellier, Éditions Thélème (ISBN 978-2-87862-777-0)
2014 : Romain Gary, La Vie devant soi, Éditions Thélème

DISTINCTIONS
« Si je devais la comparer à un autre personnage, ce serait à Michel Simon dans Boudu », affirmait François Truffaut dans le portrait télévisé Profil : Bernadette Lafont de Philippe Laïk (1ère diff. 18 mai 1967). Leurs points communs : une truculence dans l’expression et une présence explosive à l’écran.

François Truffaut a écrit : « Quand je pense à Bernadette Lafont, actrice française, je vois un symbole en mouvement, le symbole de la vitalité, donc de la vie » (Vagabondages Bernadette Lafont. Studio 43, 1984).

Coluche a écrit : « Déjà, les actrices de cinéma, j’aime bien, mais Bernadette je la préfère. Chaque fois que je vois un film avec une actrice, je me dis : “Je vais regarder le film en pensant que c’est Bernadette qui joue le rôle”, et du coup, je passe un bon moment » (Pariscope, 1981).

L’écrivain Hervé Guibert lui a rendu hommage en 1984, à l’occasion de sa rétrospective au Studio 43 (Paris) : « Un peu chinoise par le maquillage, andalouse par la coiffure, gitane blanche, Bardot nègre, garce sublime, pépée de tous les diables, fée du bagout, enquiquineuse de choc. Une “nature” décuplée : plutôt un phénomène » (Fée Bernadette en odeur de rétrospective, Le Monde, 1-2 juillet 1984).

Le théâtre municipal de Nîmes, sa ville natale, porte son nom depuis le 25 octobre 2013 à l’initiative de Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nimes.

La 39e cérémonie des César du 28 février 2014 a honoré sa mémoire dans la rubrique « Hommage aux disparus ».

Le 30 mars 2014, dans le cadre du Festival cinéma d’Alès / Itinérances a été remis le 1er Prix Bernadette Lafont de la meilleure comédienne récompensant Agathe Schencker dans « Canada », court métrage de Sophie Thouvenin et Nicolas Leborgne, en compétition. Doté par Univam d’un montant de 1 500 euros, le prix souligne l’engagement constant de Bernadette Lafont pour le court métrage et les jeunes talents.

La bibliothèque de la communauté de communes du Bocage bressuirais à Argenton-les-Vallées, a été nommée Bernadette Lafont le 22 juin 2014, en présence de ses proches et de nombreux amis et admirateurs d’Argenton et d’ailleurs.

En 2004, le rosiériste Sauvageot donne le nom de Bernadette Lafont à un rosier buisson à grandes fleurs rose foncé et au parfum puissant (grand prix du Parfum à Bagatelle en 2004).

Du 16 au 20 avril 2012, répondant à l’invitation de Marie Losier, Bernadette Lafont était l’invitée du French Institute / Alliance française (Fiaf) de New York pour un hommage intitulé : Bernadette Lafont : Une belle fille comme elle. Au programme : rétrospective de ses films (Les Mistons, Les Bonnes Femmes, Une belle fille comme moi, La Maman et la Putain, La Fiancée du pirate, Les Petites Vacances), lecture (correspondance Truffaut) et rencontre avec le public.

Catherine Deneuve, en promotion pour « Elle s’en va » sur France Inter dans l’émission Eclectik le dimanche 15 septembre 2013, alors que la journaliste lui proposait de faire une minute de solitude, a choisi de parler de Bernadette Lafont : Je pense que je pourrais en profiter pour faire une minute de silence, pour penser aux gens qu’on aime, aux gens qu’on a aimés. Je voudrais une minute de silence en pensant à une femme, une actrice que j’aime beaucoup, dont je ne peux pas parler à l’imparfait, qui est Bernadette Lafont, qui est partie il y a quelques semaines assez brutalement et dont on n’a pas beaucoup parlé finalement. (…) Voilà, je pense souvent à elle depuis qu’elle est partie cet été.

Dans une lettre datée du 26 juillet 2013 Brigitte Bardot a écrit : La mort de Bernadette Lafont m’a provoqué un immense choc et un profond chagrin, [elle] était un exemple de joie de vivre malgré les terribles épreuves que la vie lui a fait subir. (…) Pétillante, rigolote, avec un zeste d’insolence mais jamais vulgaire, pleine de spontanéité, de charme et d’une beauté qu’elle a gardé jusqu’au bout du chemin de sa vie !

La Cinémathèque française lui a rendu hommage du 13 au 15 décembre 2013 à travers des projections et rencontres durant lesquelles ont été évoquées sa mémoire et la place unique qu’elle occupe dans le patrimoine du 7e art hexagonal. La soirée de lancement le 13 au soir consista dans la projection de Zig-Zig de Laszlo Szabo en présence de Catherine Deneuve.

RECOMPENCES :
- 1986 : César de la meilleure actrice dans un second rôle pour L’Effrontée
- 1995 : Prix Reconnaissance des cinéphiles, décerné à Puget-Théniers par l’association Souvenance de cinéphiles, pour l’ensemble de sa carrière
- 2003 : César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière
Nominations
- 1988 : Nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Masques
- 2007 : Nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Prête-moi ta main
- Globe de cristal 2014 : Nomination au globe de la Meilleure Actrice pour Paulette

Décorations
- Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres. Elle est faite commandeur lors de la promotion du 20 avril 1995.
- Officier de la Légion d’honneur Officier de la Légion d’honneur. Elle est faite chevalier le 31 décembre 1997 pour ses 40 ans d’activités professionnelles, avant d’être promue officier le 13 juillet 2009. Ses insignes d’officier ont été remises par le Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand.
- Officier de l’ordre national du Mérite Officier de l’ordre national du Mérite. Elle est directement promue au grade d’officier le 15 novembre 2004 pour récompenser ses 47 ans d’activités artistiques.