Saison Voltaire 2021 : "Les impostures" _ Volet 1

  • Mis à jour : 3 novembre

Etant donné les mesures de confinement imposées par le gouvernement, il ne nous reste plus que le net pour les conférences. Cultures & Cinémas a décidé de continuer coûte que coûte les activités culturelles. Aujourd’hui nous allons parler des impostures et leur représentation à travers le cinéma. Cette conférence comprendra 2 volets : Volet 1 _ Les impostures en général _ Volet 2 : les impostures historiques.

VOLET 1 : LES IMPOSTURES VUES PAR LE CINEMA

Cette année le thème de la Saison Voltaire est « l’Imposture ». Avant toute chose il est bon de consulter le dictionnaire pour savoir ce dont on parle. Imposteur (nom masculin du latin classique impositum, de imponere, tromper) : Personne qui trompe par de fausses apparences, qui se fait passer pour quelqu’un d’autre. Et de fait : action de tromper par de fausses apparences ou des allégations mensongères, de se faire passer pour ce qu’on n’est pas.
Comme on peut le constater il s’agit de l’apparence. Or le cinéma, art de l’image ne pouvait passer à côté de cette attitude fausse ou vrai.

Le cinéma a largement usé de l’imposture sous toute ces formes.

1. Quelle soit picturale comme Burton la traduit dans son film « Big Eyes » avec l’histoire vraie de Walter Keane dans les années 50. Un peintre médiocre et virevoltant (Christoph Waltz) va faire fortune en s’attribuant les portraits peints par sa femme complexée (Amy Adams). Ces tableaux d’enfants aux yeux disproportionnés qu’ils débitent à la chaîne sont devenus un emblème du kitch triomphant

2. Quelle soit littéraire avec le film de Yann Gozlan « Un homme idéal »Pierre Niney qui désespère d’être édité trouve la solution en s’appropriant un manuscrit qu’il trouve. Qu’est-ce qui fait un écrivain ? Cette question épingle le milieu littéraire et sa propension à créer des bêtes médiatiques dont la séduction est beaucoup plus cruciale que le talent littéraire.

3. Quelle soit mélomane
Dans « Un illustre inconnu » de Matthieu Delaporte le héros trompe son vide existentiel en s’appropriant la vie des autres. Jusqu’à celle de trop, lorsqu’il se fait passer pour un virtuose du violon dont un accident a détruit les mains. Pivot de ce thriller dramatique sur fond de vol d’identité, Mathieu Kassovitz enquille postiches et maquillages outranciers pour se démultiplier sans être démasqué.

4. Quelle soit sociale et sentimentale
Parfois l’imposture a une origine accidentelle, mais elle devient flagrante quand le héros (en l’occurrence l’héroïne) s’aperçoit qu’elle met un terme à une pauvre vie. C’est notamment le cas dans le film « J’ai épousé une ombre » de Robin Davis, sorti en 1983. Dans ce film, Hélène Georges (Nathalie Bayle), enceinte de huit mois, est abandonnée par son compagnon, Franck (Richard Bohringer) Désemparée, elle se rend à la gare et prend le premier train en partance pour le sud. Au wagon-restaurant, elle fait la connaissance de Patricia, accompagnée de son mari Bertrand Meyrand, fils aîné d’un riche viticulteur-négociant du Bordelais, qui s’apprête à présenter à sa famille sa jeune épouse, également enceinte. Patricia emmène Hélène dans son compartiment où elles bavardent. Quelques instants plus tard, le train déraille. Après l’accident, Hélène se réveille et comprend que la belle-famille de Patricia la prend pour elle. Perdue, sans famille, elle est prise au jeu de la belle-famille de Patricia qui veut prendre soin d’elle. Elle s’éprend vite de Pierre (Francis Huster) le frère de son pseudo défunt mari et réciproquement, avec l’accord plus ou moins tacite des parents, Matthieu et Léna Meyrand (Madeleine Robinson).

5. Quelle soit d’ordre psychologique et identitaire

Cette fois cette imposture vous touchera sans doute car d’une part ce n’est pas une fiction et que d’autre part elle s’est passée non loin d’ici. Il s’agit du faux docteur Jean-Claude Romand, qui a inspiré 3 films. Il faut dire que l’histoire de cet homme qui a menti pendant 18 ans à ses proches sur un prétendu boulot de médecin et chercheur à l’Organisation Mondiale de la Santé avant d’assassiner sa famille a de quoi fasciner. Néanmoins le même problème a été évoqué sous des angles différents comme quoi la perception peut encore être influencé par les apparences :
- « L’emploi du temps » réalisé par Laurent Cantet en 2001

- « L’adversaire » réalisé par Nicole Garcia en 2002

- « La vida de nadie (es) » (littéralement traduit par La Vie de personne), film espagnol d’Eduard Cortés

en 2002

Je ne citerai pas ici les nombreux documentaires fait sur le sujet (j’en ai compté 7)

J’ai voulu citer là quelques films marquants selon les catégories d’imposture mais vous pourriez sans doute en trouver d’autres.