Le cinéma béninois

  • Mis à jour : 28 février

LE CINEMA BENINOIS

Historique du cinéma béninois

L’industrie cinématographique du Bénin a vu le jour vers les années 1920 avec l’exploitation de quelques salles à Ouidah, Cotonou, Porto-Novo et Anécho. Il a connu ses moments glorieux vers les années 1970 suite à la nationalisation des salles en février 1974 par le régime révolutionnaire.


Des précurseurs ont joué des partitions remarquables dans l’histoire du cinéma béninois. Au nombre de ceux-ci, figurent Pascal Abikanlou qui a réalisé le long-métrage « Sous le signe du vaudou » en 1973 et Richard de Medeiros avec « Le nouveau venu » se distingue en 1976. Un autre réalisateur, François Sourou Okioh dans le film « Ironu » en 1985. Ces cinéastes qui ont animé les différentes salles de cinéma du Bénin et de la sous-région à travers les diverses projections de leurs œuvres.

Histoire de l’industrie du cinéma au Bénin
Les salles de cinéma au Bénin
CanalOlympia ouverte par le groupe Vivendi (Bolloré) en 2018 à Cotonou quartier Wologuèdè

L’espace Tchif, un centre culturel polyvalent dont l’objectif est de faire la promotion du cinéma béninois et africain, inauguré en 2017.
La salle Fitheb à Cotonou Ex Cine Vog
Cinéma Concorde sise à Akpakpa à Cotonou Play Zone
Le Centre : situé à Atropocodji, il propose aux cinéphiles les projections Vendredis du cinéma.
Val’s Plazza  : le centre commercial Val’s Plazza fait des projections les mercredis, les samedis et les dimanches. La session pour enfants a lieu les mercredis et les dimanches.

L’industrie culturelle est l’un des maillons précieux du développement d’une nation. Même si des cinéastes béninois ont révolutionné ce secteur dans les années 1970, il n’en demeure pas moins vrai que l’industrie cinématographique nationale peine à se hisser au palmarès de la scène internationale.

Ainsi, durant les années 70, le cinéma béninois a pris un tournant décisif dans l’histoire du Bénin et ces cinéastes ont été sollicités par des professionnels africains et occidentaux.

Mais, cette lueur d’espoir s’est vite éteinte face aux difficultés économiques et sociopolitiques du Bénin après quelques années seulement. En cause, la non-élaboration d’une politique adéquate, durable et capable d’impulser un dynamisme au secteur. La responsabilité de cet état comateux du cinéma béninois incombe aux acteurs du domaine et au gouvernement, qui n’ont pas su aplanir les divergences pour sortir de l’ornière le 7ème art béninois.

Réalisateur, producteur et acteur de cinéma, Jean-Paul Amoussou, alias Oncle Bazar, constate avec amertume que le cinéma béninois souffre aujourd’hui des productions de mauvaise qualité. Car nombre d’acteurs ne connaissent pas les "B-A BA", du 7ème art.

Pour Apollinaire Aïvodji, président de l’association des cinéastes du Bénin (Acb), la production cinématographique du Bénin est faible car le gouvernement n’a pas su définir une politique appropriée. Il faut savoir que, dans certains pays où les dirigeants connaissent l’importance de l’industrie cinématographique, ce secteur est mieux positionné, poursuit-t-il.
Le cinéma dit-il, aide à relever les problèmes sociaux, culturels et du développement d’un pays.

L’Acb, une arme pour donner de la vigueur au cinéma béninois

Dans le cadre de la célébration des 50 ans d’indépendance du Bénin, les professionnels du cinéma ont tenu une rencontre au Centre culturel français de Cotonou le 14 Juin dernier, en vue de faire le bilan du cinéma. C’était à l’initiative de l’Association des cinéastes et professionnels de l’audio-visuel du Bénin, avec des structures telles que Gangan production, Socar production, avec l’appui de la Direction de la cinématographie. Selon Apollinaire Aïvodji, ladite journée a permis à la nouvelle génération du cinéma béninois de découvrir les vétérans du cinéma au Bénin. Il s’agit des personnalités de l’Office national de radiotélévision du Bénin (Ortb) et de la structure de production à l’Office béninois du cinéma (Obéci).

Ces anciens ont fait des témoignages sur la politique culturelle du Bénin, notamment du cinéma. La séance a été marquée par des échanges d’expériences, des propositions concrètes pour donner de vigueur au cinéma béninois et même des suggestions pour réorganiser le secteur.
Cette journée intervient pour relancer le secteur du cinéma béninois. À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été prises.

Il s’agit entre autres, de veiller à la formation de toutes les composantes du cinéma béninois afin de produire des oeuvres de qualité, pour une meilleure distribution sur la scène cinématographique internationale. Il a été aussi retenu de créer une fédération des associations de professionnels de l’image en vue de former un lobby pour que le code du cinéma au Bénin soit voté par les députés. La création d’un répertoire des cinéastes et professionnels de l’audiovisuel du Bénin et une grille tarifaire afin de lutter contre la concurrence informelle, est un autre aspect qui a été dégagé.
Par ailleurs, il a été demandé que les professionnels créent leurs sociétés de production. Ce qui leur permettra de faciliter le travail et d’être officiellement, reconnus par l’État. Également, l’inscription de l’activité audiovisuelle à la chambre de commerce et d’industrie du Bénin est demandée.

Il s’agit enfin, de négocier avec le gouvernement, afin que le fonds destiné au financement des productions cinématographiques soit revu à la hausse a précisé Apollinaire Aïvodji.

Des efforts en dépit de l’immobilisme

Malgré ce constat sombre du cinéma béninois, deux acteurs majeurs font la fierté du Bénin dans le monde entier, en ce qui concerne le secteur. Il s’agit de Sylvestre Amoussou et Djimon Hounsou.
Ces deux "dignes" fils du Bénin continuent de révolutionner la platine cinématographique sur la scène internationale.

En effet, le cinéaste béninois Sylvestre Amoussou a tourné une nouvelle oeuvre, en septembre dernier au bercail. Il s’agit de "Un pas en avant, les dessous de la corruption" après son premier film sur l’immigration inversée, "Africa Paradis". À travers sa dernière réalisation, Sylvestre Amoussou a essayé de décrypter une histoire basée sur le détournement des aides humanitaires et de démocratie. Selon l’auteur, "Un pas en avant" traite d’un sujet universel, celui de la corruption et de l’aide humanitaire mondiale."Les pays industrialisés font du détournement de ressources et la vente d’armes, un moindre mal. Pourtant, cela a une incidence directe sur la population", a-t-il estimé.
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Quant à Djimon Houssou, son physique et ses origines africaines font de lui l’acteur parfait pour les rôles de"costaud" ou d’autochtone meilleur et plus intelligent que ne le font croire les autres. Dans sa filmographie, on retrouve ses rôles de combattant, donnant la réplique à Russell Crowe, dans "Gladiator" (2000), de détective dans "Le Boulet" (2002), de soldat soudanais dans "Frères du désert", de motard dans "Biker boyz" (2003) et de chef tribal dans "Lara Croft Tomb Raider".

Jim Sheridan lui permet toutefois de varier son jeu d’acteur en lui confiant le rôle d’un mystérieux artiste peintre, voisin d’une famille irlandaise fraîchement débarquée à New York, dans "In America" (2004).
Plusieurs réalisations continuent d’hisser cet acteur multifacettes grâce aux rôles qui lui sont proposés.
Rodéric Dèdègnonhou

Cinéma numérique ambulant
Le Cinéma Numérique Ambulant (CNA) a été créé au Bénin 2001 par deux techniciens français du cinéma (Christian Lambert et Laurence Vendroux) pour pallier la vague de fermeture des salles de cinéma en Afrique subsaharienne. C’est ainsi que Christian Lambert travaille au Bénin en tant que directeur de production sur le film « Barbecue Pejo » (1999) du béninois Jean Odoutan décide de retourner au Bénin pour montrer des films à des populations rurales qui n’y ont pas du tout accès du fait de l’inexistence de salle de cinéma : d’où la première tournée de préfiguration du CNA qui a lieu en 2001 avec succès où 40 séances de projetions organisées ont rassemblé 15 000 spectateurs, soit une moyenne de 375 participants par séance.

Le Cinéma numérique ambulant est un réseau international d’associations installées en Afrique et en Europe qui se déplace sur quatre pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Mali et Niger). Ils ont pour objectif principal d’apporter des séances de cinéma dans les villages de brousses les plus reculés6.

En 2013 dix villages au Bénin bénéficient d’une tournée Africalia. Il s’agit de cinq villages dans le Nord (Kankoulga, Birni Maro, Honsocoto, Tassigourou, Kounadorgou) et de cinq autres dans le Sud (Houédo, Houèto, Adjara-Adovié, Ahozon, Ekpè)7.

Liste de films béninois

  • 1974 « Sous le signe du vaudou » de Pascal Abikanlou
    Synopsis =
    Un jeune homme, interprété par Gratien Zossou, néglige les offrandes rituelles aux divinités du vaudou et déclenche leur colère. Sa famille en subit les conséquences : maison brûlée, récoltes détruites. Il part en ville pour essayer de les aider, mais se trouve pris dans l’engrenage de la drogue. Cependant il fait la connaissance d’une jeune fille qui l’encourage à rentrer au village. Ils se marient dans la tradition vaudou et la malédiction est conjurée.
  • 1976 « Le Nouveau venu » de Richard De Medeiros
    Synopsis =
    Un fonctionnaire corrompu, Senou dit le doyen, s’affronte à un nouveau venu de l’administration, Agouénou, qui veut assainir la situation. Il n’hésite pas à l’attaquer par tous les moyens, y compris la sorcellerie. Agouénou, victime d’un accident, se fait "initier" aux pouvoirs magiques pour essayer de se faire accepter

- 1985 « Ironou » de François Okioh
Synopsis =
Une palpitante histoire digne de la période révolutionnaire qui expose la chaleur du temps où régnaient les présidents-monarques sur des patries noyées dans l’injustice, les crimes orchestrés et la corruption. Dans la république ‘’d’Idjani’’, où du président de la république jusqu’au dernier citoyen, tout le monde conçoit l’injustice comme la norme à observer, la corruption comme l’évangile qui dicte les principes et les crimes comme les comprimés à avaler pour prévenir la fièvre de la rébellion, le personnage ‘’Ironou’’ semble vouloir s’afficher comme l’oiseau rare qui tente l’exception. Après ses études à l’étranger, le cadre intègre et patriote n’a pas voulu servir une autre nation que son cher pays. ‘’Ironou’’ fait donc l’option de rentrer au bercail comme tout bon citoyen pour servir loyalement sa terre natale. Mais il aura été prévenu par un de ses compatriotes avec qui il vivait à l’étranger précisément en France et aussi par un autre dès sa descente au pays. Néanmoins, rien ne semble l’ébranler dans sa position de fermeté bien qu’on l’est mis au courant du cas patent d’un certain ‘’Léju’’ qui a rapidement fait les frais de son intégrité dans une banale histoire d’affaire domaniale. Compte tenu de son niveau et sa compétence ‘’Ironou’’ a été nommé au gouvernement, à la direction de la planification. Mais il a fallu le traitement ferme d’un dossier, autour duquel plein de commissions et pots-de-vin ont été déjà perçus, pour que le destin d’Ironou soit scellé. Porté disparu et froidement assassiné, Ironou ne laissera dans les mémoires de sa femme et de ses parents que l’intellectuel rigoureux qu’il a été.

  • 1999 « Fishing for School »

- 2000 « Barbecue-Pejo » de Jean Odoutan
Synopsis
Ayant ras le bol de sa femme qui le traite de tous les noms d’oiseaux parce que selon elle, si la misère perdure c’est sa faute, un pauvre cultivateur de maïs béninois (Jean Odoutan) fait tout pour remédier à la situation. Il s’endette pour acheter une Peugeot 504 et s’improvise chauffeur de taxi. Seulement, la voiture le lâche très rapidement. Le moteur est mort. Pour ne pas revenir à la case départ, il décide de tenir en office le moteur de son ex Peugeot 504 brinquebalante comme moulin à maïs. De cultivateur à taximan, le voilà maintenant meunier, mais le meunier le plus nul du village. Et, c’est au tour du moteur de le lâcher. Voyant que son époux ne peut plus rien faire pour satisfaire les besoins de la famille, la femme jouée par l’actrice Laurentine Milebo se voit contrainte de se prostituer pour subvenir aux besoins de leurs deux filles qui souffrent d’une malformation congénitale. C’est dans cette situation compliquée que le jeune cultivateur eut l’idée d’utiliser le bloc moteur comme barbecue pour vendre du maïs grillé sur le trottoir

  • 2002 « Si-Gueriki, la reine-mère » de Idrissou Mora-Kpaï
    Synopsis
    Autrefois, les Wassangari, grands et ’’féroces’’ guerriers aux traditions très strictes, ont réussi à préserver le patriarcat d’un autre temps dans leur clan dans la société moderne du Bénin. Le film analyse certains aspects de cette ancienne culture de l’intérieur, parfois de façon critique, parfois de façon amusante. Après une décennie d’absence, Idrissou Mora-Kpaï revient sur la terre de ses ancêtres : au Bénin. Ayant été marqué par la mort de son géniteur, le réalisateur remarque avec surprise comment les choses ont changé dans son village natal. Ce qui le surprend le plus est la situation de sa mère aujourd’hui. En effet, celle qui n’était qu’une ombre, juste une femme parmi les épouses dans la maison de son père ( c’est le cas de toutes les femmes) est élevée, après le décès de son père, au rang de Si-Gueriki : Reine mère
  • 2002 « Yatin » de Christine M. Botokou
    Synopsis
    L’histoire se déroule dans le village imaginaire de Yatin qui vit sous l’emprise des forces traditionnelles et de leurs puissances maléfiques. La population, sous le joug du roi, des prêtres vaudou et des sorciers, voit son épanouissement rendu difficile. Venu de Cotonou avec son épouse, le pasteur pentecôtiste Philippe va tenter de délivrer le village des mains des forces du Mal. Kidnappé par les sbires du roi, il est attaché à un arbre, prêt à être sacrifié. Roi, prêtres vaudou, sorciers, finissent par se consumer, terrassés dans des éclats divins1.
  • 2004 « La Valse des gros derrières » de Jean Odoutan
    Synopsis
    Akwélé, coiffeuse dans le quartier parisien de Barbès, ambitionne de devenir mannequin. Sa rencontre avec Rod, petit délinquant, suivie d’une relation difficile et d’une rupture que l’intéressé n’accepte pas, est à l’origine de multiples incidents à la suite desquels une nouvelle vie attend la jeune femme.
  • 2005 « Arlit, deuxième Paris » de Idrissou Mora Kpaï
    Synopsis
    Née des mines d’uranium et de l’immigration, Arlit est une ville du Niger à la frontière du désert. Ancien Eldorado et plaque tournante de la région dans les années 1970 en raison de l’exploitation de l’uranium par la COGEMA (actuellement AREVA), Arlit incarnait l’aventure et la réussite. Mais la chute du prix de l’uranium et la rébellion touareg au début des années 1980 en ont fait une ville fantôme. Leur espoir d’une détente économique déçu, les habitants d’Arlit prennent par ailleurs conscience des dégâts humains, sanitaires et environnementaux provoqués par l’exploitation du minerai radioactif.
    Arlit sert aujourd’hui de lieu de transit pour les clandestins en partance vers l’Europe. Venus des quatre coins du continent africain, ces émigrants font escale dans cet endroit désolé et poussiéreux avant de continuer leur périple vers le Maroc ou l’Algérie. Bien que la misère marque son quotidien, Arlit reste un melting-pot multiculturel fascinant.

    Arlit : The Second Paris from MORA-KPAI Idrissou on Vimeo.

  • 2006 « Abeni » de Tundé Kelani
    Synopsis
    Une jeune fille nigériane issue d’une famille nantie de la haute société tombe follement amoureuse du fils de leur gardien, lui de nationalité béninoise.
  • 2006 « Africa Paradis »
    Synopsis
    En 2033, l’Afrique est entrée dans une ère de grande prospérité, tandis que l’Europe a sombré dans la misère et le sous-développement. Olivier informaticien sans travail est prêt à tout pour en trouver, vit avec Pauline, institutrice elle aussi au chômage. Vu leur situation déplorable en France ils décident de tenter leur chance en Afrique où ils immigrent clandestinement.
    À peine arrivés, ils sont arrêtés par la police des frontières et incarcérés dans une résidence de transit, en attendant d’être renvoyés en France. Olivier parvient seul à s’échapper. Il commence alors une vie de clandestin, jusqu’au jour où il récupère les papiers et endosse l’identité d’un blanc tué dans un accident de voiture. Entre-temps, Pauline accepte un poste de bonne dans une famille bourgeoise africaine.
  • 2007 « L’Amazone candidate » de Sanvi Panou.
    Synopsis
    A l’image d’une amazone, Marie-Élise Gbèdo, est une combattante des droits civiques et surtout une féministe. Le film fait découvrir autrement au monde cette avocate de formation qui lutte pour changer profondément les mœurs politiques du Bénin. Ce film relate également l’histoire d’une autre Afrique. Une Afrique pacifique où les élections ne riment pas avec les conflits meurtriers. Une Afrique musicale et dansante. Une Afrique politiquement mature à travers la candidate et son pays le Bénin.
  • 2017 « L’Orage africain : Un continent sous influence » de Sylvestre Amoussou
    Synopsis
    Le Président de la République d’un pays africain imaginaire, qui souffre de voir les richesses naturelles de son pays uniquement exploitées par des entreprises occidentales, décide de nationaliser tous les moyens de productions installés sur son territoire par des étrangers : puits de pétrole, mines d’or, de diamants.
    Évidemment, les Occidentaux apprécient peu : « C’est nous qui avons foré ces puits, nous qui avons creusé ces mines » Les Africains répondent : « Exact, mais c’est notre sous-sol ». Un combat féroce s’engage alors, où tous les coups sont permis. Surtout ceux qui sont interdits.

Les réalisateurs

  • Sourou Okioh
  • Pascal Abikanlou
  • Richard de Medeiros