CYCLE Grands acteurs et actrices français _ Michel CONSTANTIN

  • Mis à jour : 29 décembre 2021

Michel Constantin, de son vrai nom Constantin Hokhloff, est un acteur français, né le 13 juillet 1924 dans le 15e arrondissement de Paris (Seine) et mort le 28 août 2003 à Draguignan (Var). Il joue souvent les gangsters ou les hommes de main, et devient un second rôle très populaire au cinéma dans les années 1960-1970. Il est tête d’affiche à plusieurs reprises, notamment dans des films policiers et des comédies. C’est un familier des univers de José Giovanni et Georges Lautner.

BIOGRAPHIE

Jeunesse et métiers

Constantin Hokhloff naît en juillet 1924 dans le 15e arrondissement de Paris, d’un père, Naoum Khokhlov, officier de l’Armée russe d’origine kalmouke, et d’une mère, d’origine polonaise, née à Varsovie. Son père est gouverneur de Varsovie à l’époque tsariste. Au début de l’année 1919, ses parents émigrent en France, comme de nombreux autres Russes blancs.

Pendant la guerre, il travaille aux usines Renault à Boulogne-Billancourt, où habite sa famille. À la libération, il crée une entreprise qui fabrique des aiguilles à tricoter.

Amateur de sport aidé par sa grande taille (1,85 mètre), il s’inscrit en 1948 au CO Billancourt dans la section volley-ball où il joue pendant plusieurs années, remportant le championnat de France en 1954 et 1955. Il est régulièrement sélectionné en équipe de France. À partir de 1951, il est pigiste pour le journal L’Équipe. En 1956, Michel Constantin est figurant dans le film « En effeuillant la marguerite »

En 1959, le cinéaste Jacques Becker prépare l’adaptation du roman de José Giovanni : Le Trou. Il recherche des acteurs amateurs pour incarner des détenus cherchant à s’évader de la prison de la Sante. Son fils Jean Becker lui recommande Constantin, qu’il a connu sur les terrains de volley. À cette occasion, celui-ci modifie son patronyme en Michel Constantin. C’est le début d’une carrière cinématographique qui comptera 64 films et téléfilms jusqu’en 1994

Dans les années 1970, il est également animateur dans un village de vacances en Italie (à Cecina), puis en Corse dans le village de vacances de la Croix du Sud-Caramontino, dans la baie de Pinarello à Zonza.

Carrière

Le succès du « Trou » lui vaut des petits rôle de gangsters au début des années 60. En 1965, il incarne un détenu en liberté conditionnelle embauché comme bûcheron dans « Les Grandes gueules » de Robert Enrico, aux côtés de Lino Ventura et Bourvil. Le film obtient un succès considérable avec 3,6 millions de spectateurs en France.

L’année suivante, Constantin retrouve Lino Ventura dans « Ne nous fâchons pas ! », un film policier parodique de Georges Lautner,

Puis dans « Le Deuxième Souffle » de Jean-Pierre Melville, qui devient rapidement un classique du cinéma policier. Les deux films sont de grands succès publics.

Les critiques mettent l’accent sur sa « grande gueule » et sa carrure, son « visage carré taillé à la serpe, (...) une stature à faire peur et des immenses battoirs à la place des mains », « son visage zébré par des sourcils noirs et touffus ». Son physique le cantonne dans des personnages de dur-à-cuire, « parfois du bon côté de la loi et parfois du mauvais côté ». Son jeu instinctif et sa présence à l’écran font qu’il est souvent comparé à Lino Ventura, ancien sportif comme lui, qui est son partenaire à quatre reprises.

José Giovanni lui donne le rôle principal de son film « La Loi du survivant », au côté d’Alexandra Stewart.

Il est en haut de l’affiche pour « Jerk à Istanboul »

Et « Mise à sac », adaptation par Alain Cavalier et Claude Sautet d’un roman de Richard Stark dans lequel il incarne le personnage de Parker - "francisé" sous le nom de Georges.

En 1969, il fait une incursion dans le « cinéma d’auteur » en tournant « La Fiancée du pirate », de Nelly Kaplan avec Bernadette Lafont.

En 1970, il retrouve José Giovanni et Lino Ventura en incarnant un malfaiteur inquiétant dans “Dernier Domicile connu”, film qui rencontre un grand succès.

Il tourne notamment sous la direction de Jean Delannoy (« La Peau de Torpédo »), Yves Boisset (« Un condé »), Jacques Deray (« Un homme est mort ») ainsi que dans des productions internationales, notamment sous la direction de Terence Young (« De la part des copains ») et Sergio Sollima (« La Cité de la violence »), deux films dans lesquels il est le partenaire de Charles Bronson. En 1971 il revient à la comédie avec “Laisse aller... c’est une valse” de Lautner, avec Jean Yanne et Mireille Darc. L’année suivante, il tient le premier rôle dans « Il était une fois un flic », une comédie policière de Georges Lautner, toujours avec Mireille Darc, qui attire plus de 2 millions de spectateurs. Puis il donne la réplique à Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale dans « La Scoumoune », film policier de José Giovanni. Il obtient son dernier succès notable sur cette décennie dans « La Valise », sa quatrième collaboration avec Lautner.

La suite des années 70 est moins faste pour Michel Constantin. Le cinéma policier français, dont il est une figure populaire, est en déclin et le public n’est plus au rendez-vous. Il tourne notamment avec Serge Leroy (“Le Mataf”, « La Traque »), Jean-Pierre Mocky (« Un linceul n’a pas de poche »), Marc Simenon (« Signé Furax »). Il en est de même pour les films qu’il tourne en Italie avec Sergio Corbucci (« Deux Grandes Gueules ») ou Tonino Valerii (« Les Requins du désert »). Il renoue avec les succès populaires au début des années 80 avec « Tir groupé » de Jean-Claude Missiaen avec Gérard Lanvin, « Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ » de Jean Yanne et « Les Morfalous » de Henri Verneuil avec Belmondo. En 1991, il apparaît pour la dernière fois au cinéma dans « Ville à vendre » de Jean-Pierre Mocky.

Délaissé par le cinéma, il tourne plusieurs téléfilms dans les années 80, notamment sous la direction de Josée Dayan (« Le Deuxième Couteau »). Il apparaît dans des épisodes de Marc et Sophie et de la série franco-italienne « Le Professeur » avec Bud Spencer et Mylène Demongeot. De 1988 à 1991, il tient le rôle principal de la série « Paparoff », un policier à la retraite qui joue au volley dans un village de vacances. Réalisée par Denys de La Patellière, avec notamment André Pousse et Michel Duchaussoy, cette série est « une forme d’adieu au polar d’antan ».

En 1985, il anime Anagram, un jeu télévisé diffusé sur TF1. Après six mois il est remplacé par Daniel Prévost.Amateur de jeux télévisés, il participe à L’Académie des neuf dans les années 80.

En 1973, il publie un livre de souvenirs, « Ma grande gueule » (Paris, Solar)

MORT
Michel Constantin meurt d’un malaise cardiaque dû à la canicule de 2003 . Ik est inhumé dans le petit cimetière de Ramatuelle dans le Var en France.
Un de ses amis, l’acteur américain Charles Bronson, meurt le surlendemain, le 30 août 2003, après avoir appris la triste nouvelle.

Vie privée
Le 13 juillet 1957, Michel Constantin épouse Maud Serres, une jeune enseignante dont il avait fait la connaissance un an plus tôt. En 1962, le couple a une fille prénommée Sophie (Sophie Hokhloff Onimus Constantin). Maud Serres meurt en 1996.
Il habitait à Sainte-Maxime, dans le Var, où il possédait une villa dans le quartier de Beauvallon. Grand joueur de bridge, il a été vice-président du Bridge-club de Sainte Maxime.

FILMOGRAPHIE

Cinéma
Longs métrages
1956 : « En effeuillant la marguerite » de Marc Allégret : un spectateur du club de strip-tease
1959 : « Le Trou » de Jacques Becker : Jo
1961 : Un nommé La Rocca de Jean Becker : le chef des racketteurs américains
1961 : La Loi des hommes de Charles Gérard : un ami de Sophie
1963 : Maigret voit rouge de Gilles Grangier : Cicero
1964 : Les Gorilles de Jean Girault : Otto
1965 : « Les Grandes Gueules » de Robert Enrico : Skida
1966 : « Ne nous fâchons pas » de Georges Lautner : Jeff
1966 : « Le Deuxième Souffle » de Jean-Pierre Melville : Alban
1966 : « Jerk à Istanbu »l de Francis Rigaud : Vincent
1967 : « Mise à sac » de Alain Cavalier : Georges
1967 : La Loi du survivant de José Giovanni : Stan
1967 : Des Ardennes à l’enfer ou La Gloire des canailles (Dalle Ardenne all’inferno) de Alberto de Martino : le sergent Rudolph Petrovsky
1968 : L’Étoile du sud (The Southern Star) de Sidney Hayers : Jose
1969 : Les Étrangers de Jean-Pierre Desagnat : Chamoun
1969 : « La Fiancée du pirate » de Nelly Kaplan : André
1969 :« La Peau de Torpedo » de Jean Delannoy : Coster
1969 : Vertige pour un tueur de Jean-Pierre Desagnat : René
1969 : « Dernier domicile connu » de José Giovanni : Greg
1970 : L’Ardoise de Claude Bernard-Aubert : Théo Gilani
1970 : « Laisse aller, c’est une valse » de Georges Lautner : Michel
1970 : « De la part des copains » (Cold Sweat) de Terence Young : Whitey
1970 : « Un condé » de Yves Boisset : Viletti
1970 : « La Cité de la violence » (Città violenta) de Sergio Sollima : Killain
1971 : La Part des lions de Jean Larriaga : L’inspecteur Michel Grazzi
1972 :« Il était une fois un flic » de Georges Lautner : le commissaire Campana
1972 : « La Scoumoune » de José Giovanni : Xavier Saratov
1972 : « Un homme est mort » de Jacques Deray : Antoine
1972 : Les Caïds de Robert Enrico : Weiss
1973 : Les Hommes de Daniel Vigne : Marius Fantoni (aka Fanto)
1973 : « Le Mataf » de Serge Leroy : Bernard Solville dit « le Mataf »
1973 : « La Valise » de Georges Lautner : le capitaine Augier
1973 : OK patron de Claude Vital : Mario (non crédité)
1974 : Meurtres à Rome (La ragazza di via Condotti) de Germain Lorente : l’inspecteur Palma
1974 : « Un linceul n’a pas de poches » de Jean-Pierre Mocky : Culli
1974 : Au-delà de la peur de Yannick Andréi : Guilloux
1974 : Deux grandes gueules (Il bestione) de Sergio Corbucci : Sandro Colautti
1974 : La Traque de Serge Leroy : le capitaine Nimier
1977 : Une poignée de salopards (Quel maledetto treno blindato) de Enzo G. Castellari : Veronique
1977 : Les Requins du désert (Sahara Cross) de Tonino Valerii : Jose
1977 : Ça fait tilt de André Hunebelle : Raymond Legris
1978 : Plein les poches pour pas un rond de Daniel Daert : Steff
1981 : « Signé Furax » de Marc Simenon : Gougnache
1981 : Il cappotto di legno de Gianni Manera : don Vincenzo Talascio
1982 : « Tir group »é de Jean-Claude Missiaen : Alexandre Gagnon
1982 : « Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ » de Jean Yanne : Le secutor
1984 : « Les Morfalous » de Henri Verneuil : Edouard Mahuzard
1984 : Le téléphone sonne toujours deux fois !! de Jean-Pierre Vergne : le directeur du cinéma
1984 : Ronde de nuit de Jean-Claude Missiaen : l’instructeur de stand de tir (voix)
1985 : La Baston de Jean-Claude Missiaen : Raoul
1986 : La Loi sauvage de Francis Reusser : Victor
1991 : « Ville à vendre » de Jean-Pierre Mocky : docteur Bernier

Court métrage
1994 : Paris Melody de Youra Bouditchenko : lui-même

Télévision
Téléfilms
1972 : Avec le cœur de Rémy Grumbach (spectacle musical) : différents personnages
1974 : La Vitesse du vent de Patrick Jamain : Le commissaire Melnik
1979 : Histoires de voyous : Des immortelles pour Mademoiselle de Paul Siegrist : Michel
1982 : Mettez du sel sur la queue de l’oiseau pour l’attraper de Philippe Ducrest : Fédéric Mallaro
1983 : On ne le dira pas aux enfants de Philippe Ducrest : Marc Antoine
1985 : « Le Deuxième Couteau » de Josée Dayan : Le commissaire
1991 : Femme de voyou de George Britschansky : Louis
2001 : La Route des Grandes Gueules de Philippe Crave, Roger Viry-Babel (documentaire) : lui-même
Séries télévisées
1977 : Les Diamants du président : Georges Lancier
1987 : « Marc et Sophie », (épisode Nicotine ni coquine)
1988-1991 : « Paparoff » : Paparoff
1988 : « Le Professeur » (V.O. : Big Man) : Xavier Baudin (Tout l’or du professeur (V.O. : 395 dollari l’oncia))

Hommages
En 2000, le quotidien sportif L’Équipe le mentionne parmi les douze joueurs composant « l’équipe de France du siècle ».
« J’apprends avec une profonde tristesse la disparition de Michel Constantin, acteur emblématique d’un cinéma français de divertissement et de qualité. La présence de sa silhouette imposante et les tonalités profondes de sa voix ont imprégné les films de grands réalisateurs français, tels que Jean Becker, Robert Enrico, Jean-Pierre Melville ou Georges Lautner. Ce physique associé à un indéniable talent pour interpréter très souvent des personnages aux comportements marginaux lui ont permis de gagner durablement l’affection du public et de marquer de son empreinte un grand cinéma français de qualité et populaire. A ses proches et à ses amis, je transmets mes plus sincères condoléances. »— Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication, 29 août 2003.
Le 21 mai 2011, dans l’un des cinémas du Carré Léon-Gaumont à Sainte-Maxime a lieu l’inauguration de la salle Michel-Constantin par le maire Vincent Morisse en présence de Sophie Hokhloff, fille de l’artiste, son petit-fils Niels et son gendre Patrick.
Chaque année depuis 2011, le Bridge club de Sainte-Maxime organise le Tournoi Michel Constantin, qui était grand amateur de bridge et fut à partir de 1984 et pendant plus de 15 ans son vice-président15. D’après sa fille Sophie, « Papa disait souvent que ce club de bridge était son enfant. Il en était très fier »16.
Une rue porte son nom dans le village du Pradet dans le Var.